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Jean Prieur (1914-2016)

Jean Prieur (1914-2016)

Jean Prieur a étudié les doctrines ésotériques et les phénomènes paranormaux à la fois en tant qu'historien et philosophe.


Qui est Georges Morrannier ?

Publié par Marc de Fresac sur 26 Août 2005, 23:00pm

Catégories : #Informations - Questions-Réponses

 

Durant toute sa vie, sa vie si brève, Georges Morrannier a cherché la Vérité… passionnément, méthodiquement, car il faisait à fond toute chose. Son regard intense reflétait bien son caractère méditatif, secret, absolu ; c’était le regard d’un homme qui va jusqu’au bout de ses idées. Cette vérité, dont la recherche l’obsédait, il la demanda successivement, et vainement, à la religion, à la philosophie, à la science, au yoga.

La religion contemporaine, dépourvue de toute transcendance, uniquement tournée vers le social et le politique, ne pouvait le satisfaire puisqu’elle était muette sur l’essentiel. Les religions antiques avaient davantage le sens cosmique, mais elles étaient empêtrées dans leurs légendes et Georges n’avait pas le temps de les débarrasser de leurs scories. La philosophie contemporaine cultivant le pessimisme, le désespoir existentiel et la négation de toutes les valeurs, ne lui proposait rien d’exaltant. Même la science le décevait, il arrivait à la conclusion qu’elle aussi était incapable de le conduire à le vérité.

C’est alors qu’il se figura que les valeurs spirituelles, qu’il voyait méconnues et bafouées en Europe, devaient subsister intactes en Orient. Ayant mis à l’épreuve le Christianisme, l’existentialisme et la science, il avait constaté qu’il ne pouvait rien faire pousser sur ces sols de granit et, comme beaucoup de jeunes de sa génération, il se tourna vers l’Inde. Il entreprit donc un très long voyage qui le mena jusqu’à Daram-Sala, à la frontière du Tibet. Ce n’étaient pas l’étrange et l’insolite qui le fascinaient, mais le désir brûlant et sincère d’atteindre une vérité qu’il croyait trouver sur les bords du Gange.

Il revint déçu. Dans un de ses messages post mortem qu’il dicta à sa mère en août 1978, il le dit lui-même :

" Mon erreur, l’une de mes nombreuses erreurs, a été de vouloir passer par l’hindouisme, parce que je n’avais pas trouver de maître occidental. L’hindouisme enseigne d’énormes aberrations, ne serait-ce que la métempsycose. Je craignais, en me suicidant, de revenir sous forme d’animal ou de plante. Je paierai quand même, un peu, mon geste dans ma prochaine vie, mais heureusement sous forme humaine. D’autre part, nous n’avons en moyenne qu’une dizaine de vies, environ dix siècles pour évoluer, ce qui n’est rien à côté de ce que prétendent les Hindous avec leurs centaines, leurs milliers de vies. Je m’étais fait de belles illusions à leur sujet. J’avais cru trouver un peuple très proche des croyances des gourous. Il n’en était rien. En fait, les Hindous ne sont attachés qu’à des coutumes ancestrales qui leur barrent toute évolution sociale et mystique… Tu ne peux pas savoir le bonheur que c’est pour moi d’être arrivé ici et d’avoir appris enfin tout ce que je cherchais vainement. "

- Puisque l’Inde n’était pas la terre des révélations qu’il avait imaginée, me dit sa mère, j’eus alors l’impression que tout rentrerait dans l’ordre. Hélas non ! Le démon de l’orientalisme le reprit et je vis s’ajouter aux ouvrages philosophiques de nombreux manuels de yoga. On était en 1971…

Malgré les mises en garde de ses parents, il se lança tête baissée dans le yoga royal qui devait lui apporter des bonheurs illusoires et de très réels dangers, puisque cette discipline touche aux chakras. Travaillant sans préparation ni surveillance, il perdit pied et sombra peu à peu. Il ne cessait de maigrir, négligeait la nourriture et les soins corporels, ne s’occupait plus de ses élèves de la Faculté des Sciences, ne s’intéressait plus à ses propres recherches. Il s’enlisait lentement dans la dépression psychique, le yoga mystique le décevait comme l’avait déçu le voyage en Inde.

Conscient de la dégradation de sa personnalité physique et mentale, il accepta de se soigner, il recourut à l’homéopathie et à l’acupuncture, mais, une fois de plus, il trouva que les résultats étaient trop lents. Une fois de plus, il perdit patience et c’est alors qu’il désira mourir.

Contrairement à beaucoup de jeunes candidats au suicide, il avait de bons rapports avec ses parents et ses sœurs. Aucun conflit ne le dressait contre eux ; il se plaisait, il s’était toujours plu dans l’appartement familial parmi ses livres et ses cahiers de notes.

Il ne pouvait plus vivre, l’autre rive l’appelait avec puissance, c’est l’au-delà, pensait-il, qui lui apporterait la réponse, c’est la mort qui mettrait un terme à cette quête de l’absolu. Il se tua le 13 septembre 1973 avec un pistolet d’alarme.

Désespérée, Jeanne Morrannier ne chercha pas le secours de la foi, car elle s’était depuis de nombreuses années, comme tant d’autres, détournée de toute religion. Elle ne comptait que sur elle-même et sur le temps qui apporte toujours quelque adoucissement. Des événements totalement imprévus allaient changer radicalement sa conception de la vie et lui permettre de revenir à Dieu.

Quelques mois après le décès tragique de Georges, elle constata que des objets se déplaçaient d’eux-mêmes dans son appartement. Puis elle entendit dans les meubles des coups, des craquements, des éclatements. Jamais, avant la disparition de son fils, elle n’avait remarqué de tels phénomènes. Sa fille aînée lui signala un jour que son réfrigérateur se débranchait seul, que la porte de son couloir s’ouvrait et se fermait sans cause apparente. Sa seconde fille entendit des coups dans le mur ou dans les meubles ; plusieurs fois elle trouva le lit (sans roulettes) de son bébé, déplacé dans la chambre.

La parapsychologie prétend qu’après un violent choc émotionnel une énergie inconnue peut se libérer pour influencer le mental et lui donner le pouvoir d’agir sur les objets. Jeanne Morrannier, qui a un psychisme des plus rationnels, ne repoussa pas catégoriquement cette hypothèse, mais elle s’étonna de constater que ces phénomènes étranges, tels que déplacements d’objets, se produisaient surtout pendant ses absences et pas seulement chez elle.

Elle pensa que, de toute façon, il n’y avait que deux hypothèses possibles : tout provenait de son fils " ressuscité ", comme disent les Eglises, ou tout provenait d’elle-même, comme le croit la science. Cependant, elle avait trop de bon sens pour croire que la seule énergie mentale (en l’occurrence celle de sa fille) fût capable de déplacer un lit.

Elle hésitait encore, lorsqu’un soir elle entendit très nettement la serrure de sa porte d’entrer se fermer seule et sans clé. Se précipitant dans le couloir, elle se rendit compte qu’effectivement la serrure était fermée, alors que la clé était ailleurs.

Elle fut obligée, ce soir-là, de se rendre à l’évidence : tout venait de Georges qui cherchait par ces diverses manifestations matérielles à lui faire comprendre qu’il vivait, qu’il était là tout proche, qu’il désirait le contact.

Très émue, craignant malgré tout de se tromper, Jeanne Morrannier eut l’idée de consulter un médium. Elle avait entendu dire que lorsqu’un " désincarné " se manifeste, c’est qu’il a quelque chose à dire aux vivants. Effectivement, le médium, par écriture automatique, recueillit ces mots :

" Je voulais reprendre ma forme astrale. Le corps physique n’a pas d’importance. Ce qui compte, c’est maintenant. Je suis très bien "

et

" Maman, il faut que tu sois heureuse ; nous nous retrouverons. "

Quelque temps plus tard, le médium expliqua à Jeanne Morrannier qu’elle devait écrire à son tour, comme il le faisait, que c’était la mission dont elle serait désormais chargée par le monde invisible. Inquiète et tentée à la fois, Jeanne Morrannier ne se sentait pas capable de faire ce qui lui était demandé.

Cependant, un jour, elle se décide : prenant un crayon et du papier, elle s’installe à côté de la photographie de son fils et attend… Au bout de quelques minutes, elle sent nettement une poussée sur le crayon et se met à dessiner des traits et des courbes, lentement d’abord, puis de plus en plus vite. Après de nombreuses pages de dessins, une phrase apparaît :

" Tu vois, c’est le monde renversé, le fils apprend à sa mère à écrire. "

Dans sa première dictée, il commença par condamner le suicide ; il affirma, comme d’ailleurs tous les autres messagers, qu’il est indispensable d’aller au bout de sa mission terrestre, puis il expliqua que la mort physique n’est pas un terme. Bien au contraire, la véritable vie, celle qui compte, c’est celle que l’on mène dans le monde invisible :

" C’est ici, où je suis, qu’est la vraie vie, celle pour laquelle nous devons subir nos épreuves terrestres.

Il ne faut pas craindre la mort : le corps astral s’échappe en son entier et sans douleur, au moment de l’agonie. Ce corps subtil a une telle ressemblance avec le corps de chair que le désincarné s’imagine qu’il vit toujours sur le plan physique. Il ne comprend pas ce qui lui arrive. Sa famille ou des amis disparus avant lui viennent l’accueillir, le réconforter, et l’aider à s’adapter à sa nouvelle vie.

Nous avons tous un guide dans l’Au-delà, et cet être, tout de lumière, assista à notre passage, nous soutient, nous redonne du courage. Ces guides sont des êtres spirituels qui ont terminé leur évolution et qui ont chacun la charge de deux ou trois terrestres. Leur rôle est de veiller à l’accomplissement du destin des humains qui leur ont été confiés. Ils n’ont pas le droit d’aplanir les difficultés que tout terrestre doit affronter, mais le devoir de l’aider à les surmonter. "

 

 

En homme de science qu’il était et qu’il est toujours, Georges a essayé de comprendre ce qui compose le corps astral : " Ce corps est fait d’une matière constituée d’atomes spirituels entraînés à une vitesse énorme par une énergie spécifique à cette matière. " C’est cette très haute fréquence des vibrations qui le rend invisible. Roland dit exactement la même chose et il prend comme exemple une hélice tournant à toute vitesse. Georges expliquera à sa mère que le corps astral est constitué exclusivement d’ondes :

" Notre corps spirituel, notre double astral comme j’aime à le dire, n’est formé que d’ondes. D’abord les ondes de la pensée, bien entendu, les plus indispensables, encore que les autres le soient aussi. Elles nous dirigent ; elles sont, je l’ai dit, notre cerveau spirituel. Elles sont notre conscience et notre personnalité ; elles sont notre âme. Elles sont plus ou moins spiritualisées, c’est-à-dire, bénéfiques et pures. Donc, d’une part, les ondes de la pensée qui constituent l’âme et, d’autre part, des ondes spirituelles d’un genre également inconnu sur la terre. Elles constituent le corps lui-même, support de l’âme, qui la contient sous une forme très définie et la maintient au sol, le vôtre, car au début nous n’en avons pas d’autre. Le tout, âme et corps spirituel, est alimenté par une énergie cosmique répandue partout. Cette énergie nourrit nos vibrations spirituelles dans tout notre corps et toute notre âme. C’est l’Esprit saint des religions occidentales. Il est absolument vital. Sans lui nous serions désintégrés automatiquement. Oui, c’est vraiment l’Esprit qui vivifie ! "

Cette énergie cosmique partout répandue, n’est-ce pas l’éther des anciennes traditions ? Georges explique par ailleurs que les scientifiques parviendront un jour à voir les corps subtils des êtres vivants, puis ceux des êtres spirituels. La religion devra de son côté, se rénover, s’enquérir des découvertes scientifiques et tenir compte, enfin, des extraordinaires résultats du spiritualisme expérimental. Elle aura un grand rôle à jouer dans l’évolution de la terre, car "  il importe, dit Georges, de préparer les hommes à la Vérité et non pas de les endormir avec des contes à dormi debout. "

Jeanne Morrannier, après avoir ainsi rencontré son fils et d’autres décédés de sa famille, fit connaissance de son guide. Celui-ci lui révéla la question très importante, très troublante et très contestée, de la réincarnation. Tout est évolution dans notre monde terrestre, comme tout est évolution dans le monde spirituelle. L’âme doit, par le long parcours d’une dizaine de vies terrestres, se purifier pour atteindre la perfection et l’union avec Dieu. Cette ascension se fait à travers les épreuves que nous rencontrons tous dans le monde de la matière et par la façon dont nous les assumons.

v  

Désormais pour Jeanne Morrannier l’apaisement est venu, elle a retrouvé sa gaieté, signe d’équilibre et d’harmonie intérieure ; retrouvé aussi son goût de l’étude qui rend plus facile et plus fructueux le dialogue avec Georges. Elle connaît ses devoirs à l’égard de ceux qui l’entourent : son mari, ses deux filles, ses petits-enfants. Elle ne s’enferme pas dans un tête-à-tête avec le disparu, relation égoïste dont les autres seraient jalousement exclus.

" Tu vois, c’est le monde renversé, le fils apprend à sa mère à écrire ", lui avait-il dicté lors de son premier message. Il lui apprend, en effet, à écrire, à penser et à se diriger dans la vie. S’il n’est pas poète comme Roland, ou théologien comme Pierre, il est aujourd’hui comme hier un scientifique et un enseignant qui règne aujourd’hui sur des milliers d’étudiants de tous âges. Ses qualités de pédagogue lui sont plus que jamais utiles. Utile aussi son long travail ante mortem : étude des religions, de la philosophie, des diverses sciences.

De l’Au-delà, Georges regrette qu’il ne soit pas possible de donner à tous les preuves irréfutables de la vie spirituelle : " Chacun doit venir à la Vérité par ses propres moyens, par sa propre recherche. " Il nous exhorte à obéir aux trois préceptes qui lui sont chers : vie droite, pensée droite, action droite. " Regardez ce qui est bon, soyez gais et toujours tournés vers les autres. Je vous promets un astral merveilleux. " En souhaitant nous apporter " l’espoir, le réconfort et la paix intérieur ", il ajoute : " Soyez tous apaisés et confiants. La vie dans le monde invisible est magnifique. ".

Extrait de la Préface de Jean Prieur pour
" La mort est un réveil " de Jeanne Morrannier.
Edition Lanore

 

 

 

 

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