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Jean Prieur (1914-2016)

Jean Prieur (1914-2016)

Jean Prieur a étudié les doctrines ésotériques et les phénomènes paranormaux à la fois en tant qu'historien et philosophe.


Les enfants dans l'Au-delà.

Publié par Jean Prieur sur 13 Septembre 2005, 23:00pm

Catégories : #Informations - Questions-Réponses

Renaud, de Montauban :

"Quelle doit être notre attitude le 2 novembre, lendemain de Toussaint ?
Je pense tout particulièrement aux jeunes défunts."


Jean Prieur: 

Celle de l'espérance. La tristesse, si naturelle dans les premiers temps, doit laisser la place à un certain détachement, à la sérénité ... et même à la joie.
Voici deux messages de Roland de Jouvenel, parti à l'âge de quinze ans. Il s'adresse à sa mère et à travers elle à toutes les mères:
"Fais une petite fête pour le jour des morts ; mets-moi des fleurs. Les fleurs ont une espèce de prolongement céleste. Fleurs et vibrations viennent jusqu'à nous."
"Maman, voici deux ans et demi que je me suis envolé, et je te retrouve toujours dans la demeure de la prière. Les quelques graines de paradis que j'ai semées ont pris racine en toi. Il faut de temps à autre savoir faire une halte et regarder derrière soi. Si tu tournes la tête, celle que tu étais hier est déjà si loin."

Diane, de Paris 11ème :

"Que se passe-t-il pour les enfants qui sont soudainement projetés dans l'Au-delà ? Ne sont-ils pas perturbés, effrayés, loin de la protection de leurs parents ? Cette nouvelle vie, dont ils ne savent rien, ne va-t-elle pas leur apparaître comme un cauchemar ? "


Jean Prieur:

Rassurez-vous, dit Georges Morrannier, les enfants sont heureux. Dès qu'ils arrivent ici, ils sont aussitôt pris en charge par des membres de leur famille, grand-mère ou grand-tante, à défaut par des étrangères. Nous les laissons au début dans des mains féminines, toujours, car il ne faut pas que leur différence de vie leur fasse chercher leur mère. Il y a, je l'ai remarqué, très vite une grâce de l'Astral pour ces petits qui arrivent seuls ici. Ils s'habituent en un instant, tout leur paraît naturel, ils ne s'étonnent de rien.
On dirait qu'ils se souviennent et qu'ils retrouvent une vie connue. La force spirituelle qui nous dirige a si bien fait tout ce qu'elle fait, qu'ils ne sont pas un instant perturbés. C'est incroyable et c'est encore une surprise pour moi. Les enfants plus âgés trouvent aussi toujours quelqu'un pour les accueillir et pour leur expliquer ce qui s'est passé, dans la mesure de ce qu'ils peuvent comprendre.
La difficulté commence pour les jeunes gens qui avaient fait des projets sur la Terre, qui doivent y renoncer et s'adapter à une autre vie."

Marie, de Meaux :

"Je vous trouve bien léger vis-à-vis de la mort d'un enfant. Je viens de perdre mon petit garçon de dix ans. Je suis déchirée, folle de douleur et j'ai du mal à comprendre ce que vous nous dites : "la vie continue... détachement... votre enfant est heureux...". Je me sens plutôt maudite et je ne pense pas que vos discours pourront un jour me consoler."


Jean Prieur:

Il est clair que le sujet est délicat. Et que votre grande peine est tout à fait légitime. Mais si nous parlons de ces grands malheurs que nous pouvons tous vivre sur Terre, c'est effectivement pour partager autre chose que du désespoir. Nous sommes très respectueux envers les épreuves de notre prochain, et loin de nous l'idée de vouloir vous offenser en quoi que ce soit. Nous avons conscience que nous risquons de choquer ou de révolter certaines personnes que seulement la douleur de la séparation d'un être cher habite. Mais, peut être que, après quelque temps, le plus grand de votre tristesse - voire de votre colère - passera pour laisser la place à d'autres sentiments, bref que vous vous serez résignée à l'épreuve qui vous a été imposée et que vous chercherez à en tirer la leçon. Sûrement, à ce moment-là, nos écrits vous permettront d'en savoir un peu plus sur les chagrins de la vie. Car, tout de même, quel bonheur et quel soulagement de savoir (entre autres) qu'un être décédé que l'on aime continue de vivre et d'être heureux là où il est.
Pour l'instant, nous comprenons que votre monde s'écroule et nous ne pouvons que nous associer à votre douleur et vous souhaiter d'avoir la force de la surmonter. Voici la lettre, si vraie et si chaleureuse, que George Sand écrivit à son amie Madame Dorval qui, comme vous, s'appelait Marie et qui, au début de juin 1848, avait vu mourir son petit Georges :

"Nohant, le 16 juin 1948.
Je ne voulais pas croire à cette affreuse nouvelle qu'on ne m'avait pas donnée comme certaine et je n'osais pas t'interroger, ma pauvre Marie. Ta lettre me brise le cœur. Oui, je comprends ton désespoir et je pleure avec toi cet enfant béni de Dieu, puisqu'il est retourné vers Lui avant d'avoir connu notre triste et affreuse vie. Il est bien heureux, lui ! Il n'a vécu que de soins, d'amour, de caresses et de gaieté. Il n'est pas dans ce petit tombeau où tu vas pleurer. Il est dans le sein de Dieu. Quel que soit son paradis, il est bien là où il est, puisqu'il est retourné pur comme il en était venu. Sois tranquille pour ton enfant. Il est aimé ailleurs en ce moment, et l'amour que tu lui portes toujours, en dépit de la mort, l'accompagne et le protège dans une autre sphère d'existence où il te voit et te sourit sans cesse... Dieu est juste. Il n'est point implacable et vindicatif comme les hommes. Il aime, puisqu'Il nous a faits aimants... Il n'y a ni folie ni bêtise à croire à une vie meilleure où vont ceux qui nous quittent et où nous les retrouverons. Il me serait impossible, quant à moi, de ne pas y croire, et ceux que j'ai perdus et aimés me semblent toujours vivants. Si la mort était quelque chose d'absolu, la vie n'existerait pas... "

Nous espérons, au moins, vous avoir apporté un peu de réconfort en vous faisant comprendre que vous n'êtes pas seule, que la mort (tôt ou tard) fait partie de la vie pour tous, et que, une fois le deuil passé, vous pouvez sortir grandie, enrichie, et bienheureuse par l'épreuve ; ainsi que votre enfant qui (nous vous l'assurons) continue de vivre, dans l'Autre monde.

 

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