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Jean Prieur (1914-2016)

Jean Prieur (1914-2016)

Jean Prieur a étudié les doctrines ésotériques et les phénomènes paranormaux à la fois en tant qu'historien et philosophe.


L'importance des animaux :

Publié par Jean Prieur sur 4 Mai 2005, 08:44am

Catégories : #Conférences

L'ÂME DES ANIMAUX

Par jean Prieur

Je quitte à l’instant une dame médium qui s’est spécialisée dans les soins donnés aux animaux. Je viens de faire sa connaissance et j’ai senti en elle des forces bienfaisantes. Tout en marchant, une phrase me trotte dans la tête : « ce que vous avez fait à l’un de ces petits, ce que vous avez fait à l’un de ces petits… » J’entame le dialogue avec l’invisible : Je suis à l’écoute, continuez, achevez votre proposition :
CE QUE VOUS AVEZ FAIT A L’UN DE CES PETITS, C’EST A MOI QUE VOUS L’AVEZ FAIT.
Je connais, je reconnais cette parole, elle se trouve dans l’Evangile, selon Matthieu, je crois. Je sais qui l’a prononcée : le Christ. Je sais qui étaient les auditeurs : ses apôtres, la foule toujours composite : des femmes avec leurs marmots, des soldats romains de l’armée d’occupation, une noble dame, Claudia, l’épouse de Pilate avec ses suivantes, toutes très attentives ; des vieux barbus, les prêtres, attentifs eux aussi, mais pas pour s’instruire, notant ses propos pour mieux le piéger. Il y a aussi des hommes de bonne volonté qui vivent dans l’attente du royaume des cieux. Parmi eux, un certain Demas qui, dans quelque temps, aura une altercation avec un officier romain et sera pour ce crime condamné à la crucifixion. Il se retrouvera à la droite de Jésus, en ce monde et dans l’autre, grâce à la résurrection immédiate.

Et qui sont ces petits dont il parle et dont il faut se soucier ? Des enfants sans aucun doute, des innocents. Mais on peut comprendre aussi les animaux, eux, les innocents par excellence, surtout ceux qui vivent avec nous, qui égaient notre foyer et font partie de la famille. Etendre la portée d’une parole évangélique, ce n’est pas la trahir, c’est lui donner une valeur universelle. En général, quand il s’agit de petits humains, les rédacteurs sacrés ajoutent et grands ; les petits et les grands, telle est la formule qui revient souvent.
Ce que vous avez fait à l’un de ces petits, le bien que vous avez pu leur faire, si vous ne le savez pas, moi, je le sais : vous avez recueilli le chaton orphelin, vous avez délivré l’oiseau pris au piège, vous avez, avec d’autres, extrait le mouton de la fondrière où il était tombé, vous avez consolé la brebis à qui on avait enlevé son agneau, vous êtes intervenu quand un maître battait son chien comme plâtre.

Cela m’est arrivé récemment en gare de Sartrouville. Un agent de la sécurité, un grand jeune homme noir, frappait, avec le plat de son ceinturon, son chien qui refusait d’avancer, terrifié par l’escalator. Plus il frappait, plus le chien s’arc-boutait pour ne pas faire un pas de plus.
J’interviens : « Non ! Non ! Ne faites pas ça ! C’est votre compagnon de travail, il souffre comme vous, il a une âme comme vous ; un animal est une personne, pas un objet. Il n’y a pas longtemps que vous l’avez ? »
« Oui, c’est vrai, c’est la première fois qu’il monte dans cet appareil, qui lui fait peur.
« Et qui lui abîme les pattes.  Voyez comme il est intelligent, il comprend tout ce que je vous dis. »
En effet, l’animal ne cessait de gronder, non contre moi, ni contre lui, mais contre sa muselière qui l’empêchait de me lécher les mains ! L’agent de sécurité la lui retira et le molosse put m’exprimer sa reconnaissance. Le maître-chien m’avait écouté sans m’interrompre, avec étonnement et intérêt. Il semblait découvrir tout un monde dont on ne lui avait jamais parlé. Il ne me répondit pas comme d’autres avant lui : « Mêlez-vous de vos affaires, c’est mon chien, j’en fais ce que je veux. »
En me quittant, il me serra la main et me dit : « Je vous remercie ! »
« Ce que vous avez fait à l’un de ces petits, attention, cela joue aussi dans l’autre sens ! »

Si vous leur avez fait gratuitement et consciemment du mal, vous en subirez les conséquences.
Là-dessus, je dois relater un fait-divers abominable :

                         « Il voulait se débarrasser de son chien : il l’a martyrisé à coups de machette, en forêt de L’Isle-Adam, avant de le laisser agoniser. Arnaud S., 27 ans, comparaissait hier matin devant le tribunal correctionnel pour acte de cruauté envers un animal domestique, un délit pouvant lui valoir jusqu’à deux de prison ferme. Le procureur a requis à son encontre 18 mois de prison avec sursis, et l’interdiction définitive de posséder un animal. La décision sera rendue le 4 avril prochain. De la torture et de la barbarie. « Si, dans la législation, le chien n’était pas considéré comme un objet, mais comme un être vivant, cet acte serait passible de la cour d’assises » a souligné hier, le procureur, Jean-Pascal Oualid. Il faut dire que les faits reprochés à Arnaud S., commis à l’encontre de son dogue argentin, l’été dernier, faits qui n’ont pas été contestés sur le fond, sont impressionnants. Tout aurait débuté, selon le propriétaire de l’arme, par une blessure occasionnée au visage par le dogue à sa fille de 21 mois, le 27 juillet dernier. Arnaud S. aurait aussitôt décidé, a-t-il assuré hier matin, de s’en débarrasser.
Il part donc pour la forêt de L’Isle-Adam, son chien tenu en laisse, sans avoir jamais contacté la SPA ou la Fondation Brigitte Bardot. Au lieu de cela, il emporte avec lui une longue machette, qu’il prend soin de dissimuler sous son pantalon, pour ne pas être repéré par d’éventuels promeneurs. Sur place, il attache son chien à un arbre et tente de le décapiter, sans y parvenir. Il s’est ensuite acharné, lui assénant des dizaines de coups de machette, avant de quitter les lieux, le laissant agoniser dans la forêt. C’est un promeneur, dont l’attention a été éveillée par les cris de l’animal hurlant à la mort, qui le découvrira, rampant, encore en vie, martyrisé. Il présente des plaies profondes de dix centimètres, son flanc est à vif. Ses pattes sont coupées. L’une d’elles a été retrouvée à un mètre du corps. Ce promeneur décrit une scène terrible, celle du supplicié, réduit à l’état de tronc, qui le regarde fixement dans les yeux. La police municipale a été alertée et le dogue argentin a pu être euthanasié au plus vite.
Hier, à l’audience, Arnaud a minimisé son geste, expliquant qu’il s’était, ce jour-là, seulement attaché à corriger son chien. « De temps en temps, je le frappais, mais avec le plat de la machette » a-t-il tenté d’expliquer. « Nous sommes déçues par les réquisitions du procureur », confiait hier la présidente de la SPA, Caroline Lanty. Un sentiment partagé par la Fondation Brigitte Bardot, également partie civile dans cette affaire. « Nous pensions, vu l’horreur de ce dossier, que nous allions aboutir à des réquisitions de prison ferme » ajoute la présidente de la SPA, qui fait allusion à l’affaire jugée à Metz, fin janvier. Un Lorrain de 48 ans a été condamné ferme par le tribunal correctionnel pour avoir roulé sur sa chienne et l’avoir battue à mort à coups de planche. « Les actes de cruauté ne sont pas rares, poursuit Caroline Lanty. « Il y a, chaque année, entre 450 et 500 plaintes déposées. Et nous pensons qu’il s’agit de la partie émergée de l’iceberg. Nous ne sommes malheureusement pas au courant de tout ce qui se passe. » Ni du nombre de plaintes que les gens ne déposent pas par peur de représailles.
Le deuxième scandale : la condamnation avec sursis.
Le journal qui relate cette affaire de l’Isle Adam, est le Parisien dans son édition régionale. Pour dénoncer cette horreur, il aurait fallu l’édition nationale.

Si de tels crimes sont possibles et sont si peu punis en pays chrétien, c’est que l’animal, s’il n’est plus assimilé à un objet, n’est pas encore considéré comme une personne. Cela est intentionnel, car le concept de personne entraîne nécessairement le concept d’âme. Et l’âme des animaux, le christianisme, foncièrement anthropocentrique, n’en veut à aucun prix. Dans un livre précédent,  Histoire surnaturelle des animaux, (J. M. G. éd.) j’explique comment Mgr Canciani, préfacier de l’édition italienne de l’Ame des Animaux (Laffont), n’a jamais pu obtenir de Jean-Paul II qu’il en fasse un dogme. Le prénommé Arnaud S. est un Français, donc en principe, un catholique sociologique. Il lui serait peut-être resté une trace de catéchisme, une vague peur de l’enfer, s’il avait été instruit dans son enfance par un catholicisme ouvert à la spiritualité des bêtes. Seul, le manuel de civisme et de morale de l’enseignement laïque parle de nos devoirs à leur égard. Le christianisme, pour se donner bonne conscience, cite toujours saint François, en oubliant cet épisode horrible du moine franciscain qui désirait manger des pieds de cochon. Un autre moine s’est  empressé de  le  satisfaire et a tranché à vif, comme a fait Arnaud S., les pattes d’un malheureux porc. C’est dans les Fioretti. Jean-Paul II croyait avoir tout fait en faveur du monde animal en proclamant saint François patron des écologistes. François d’Assise, saint Alibi.

Conclusion (positive) : Heureusement qu’il y a les bénévoles ! Les femmes âgées qui nourrissent les chats errants, les jeunes qui nettoient les oiseaux mazoutés, les gens qui, à leurs frais, fondent des refuges pour les animaux abandonnés et leur donnent de leur temps, de leur argent et de leur amour.

Pour les civilisations supérieures : Egypte et Perse zoroastrienne, l’âme des animaux était une évidence.
Dans une inscription de Louqsor, un prêtre d’Amon fait son bilan spirituel :

            « J’ai été l’objet, dit-il, de grands bienfaits de la part de Dieu, parce que j’ai entretenu les animaux sacrés. J’ai donné à manger aux ibis, faucons, chats et chacals quand ils étaient vivants. Je les ai ensevelis selon les rites avec des baumes et du lin. »

Voici indirectement affirmés nos devoirs à l’égard des animaux, l’existence de leur âme et sa survivance.
Certains lieux demeurent longtemps en l’ordre divin, ils attirent et conservent certaines idées et ce n’est pas un hasard si le Livre d’Enoch, seul livre chrétien à évoquer ce sujet qui me tient à cœur, a été composé en Egypte au début de notre ère. Il a été déclaré apocryphe à cause de passages tels que celui-ci :

            « Le Seigneur ne jugera pas les âmes des bêtes par rapport à l’homme, mais il jugera les âmes des hommes selon leur attitude à l’égard des animaux de ce monde. » Difficile d’être plus clair et de dire mieux.

            « Et, comme il en est de toutes les âmes des hommes dans leur ensemble, il en va de même pour les bêtes : elles ne périront pas. Jusqu’au Grand Jugement, il ne périra aucune âme que le Seigneur a faite. Et les âmes des bêtes accuseront l’homme, s’il leur a donné une mauvaise nourriture. » Ce qui fait penser au drame de la vache folle.

On lit encore au chapitre LIX (59) de ce livre dont on avait perdu la trace pendant 1 200 années :

            « Celui qui profane l’âme des bêtes, profane sa propre âme.»

Un souvenir historique : Au temps de la croisade contre les Albigeois, la Sainte Inquisition avait une recette infaillible pour distinguer un cathare d’un catholique. On donnait au suspect un chien et un couteau. S’il tuait le chien sans faire de difficulté, il était bon catholique.

Qu’il soit catholique, protestant ou orthodoxe, un croyant devrait se sentir lié par le livre d’Enoch qui sauve l’honneur du christianisme !

 

 

 

 

 

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