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Jean Prieur (1914-2016)

Jean Prieur (1914-2016)

Jean Prieur a étudié les doctrines ésotériques et les phénomènes paranormaux à la fois en tant qu'historien et philosophe.


Biographie

Publié par Marc de Fresac sur 5 Novembre 2005, 19:45pm

Catégories : #Biographie

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Qui est
Jean Prieur ?

Jean Prieur, est né le 10 novembre 1914 à Lille, c’est-à-dire sous les bombardements et l’occupation allemande qui dura de 1914 à 1918 ; Lille ayant été envahie en même temps que la Belgique. Ce furent pour sa mère de très dures années. Le manque d’argent et de ravitaillement, les arrestations, les exécutions, les décisions tantôt tatillonnes, tantôt terribles de la Kommandantur ont été racontées par Mme Prieur dans la première partie d’un livre inédit de son fils : " Des années noires aux années folles ".

Enfant, en décembre 1916 tous deux furent autorisés à faire partie d’un convoi de réfugiés du Nord. Terminus : Schaffhouse après trois jours d’un voyage épuisant. A quatre ans, le petit Jean entre à l’Institution Jeanne D’Arc tandis que son père entre chez Renault où il va diriger le bureau d’études des moteurs Diesel. En 1910, il a passé une année à Munich auprès du célèbre inventeur qui l’a formé. Rudolf Diesel était un homme d’un commerce très agréable. Il n’en était pas de même pour Louis Renault, qui dure et cassant, brimait son personnel et même ses collaborateurs directs. Le caractère de Constant Prieur s’en ressentit ; il devint sombre, critique et agressif. Un jour, il prit une excellente décision, celle de mettre Jean à l’Ecole communale où il reçut la solide formation que l’on donnait en ces temps-là.

En 1925, le voici au Lycée Buffon ; en 1929, au Lycée Condorcet où il restera jusqu’en 1933. Son professeur de philo en Khâgne, classe qui prépare à Normale Sup n’est autre que Louis Lavelle. Ce dernier avait écrit sur l’une de ses copies : " Ceci n’est pas une dissertation mais une profession de foi. " C’était vrai, Jean lui montra ses premiers écrits et son maître lui conseilla de modérer son lyrisme naturel. Déjà, l’année précédente, une jeune agrégée professeur stagiaire Mlle Somme Neil, aux lunettes cerclées de fer avait condamné son travail en ces termes : " Vous ignorez tout du langage philosophique. " Ce que le coupable prit pour un compliment. Il ne prépara pas de licence de philosophie comme le lui conseillait Louis Lavelle, mais choisit l’Ecole des Sciences politiques, obtint son diplôme en deux ans au lieu de trois et du même coup un goût prononcé pour l’Histoire.

1936 : il demande à faire son service militaire dans les chasseurs alpins. Résultats, il se retrouve en Algérie, à Sétif.

1937 : son premier emploi, rédacteur au Service des Cartes en faveur de l’Exposition Internationale des Arts et Techniques, ce qui lui permet de rencontrer les célébrités de l’époque.

1938 : rédacteur à l’Union Nationale des Associations au tourisme. Il succède à George Arnaud, le romancier qui écrivit le Salaire de la Peur. C’est l’année la plus sombre de sa longue existence, la seule où il n’ait rien écrit. " Eh bien, maugrée-t-il, si toute la vie doit être comme ça ! " Il est persuadé qu’il n’a plus d’avenir d’autant plus que la guerre menace.

En 39-40, il est professeur de français-latin (et de philosophie en leçons particulières) quand il est convoqué sous les drapeaux.

Juste avant l’occupation de Bordeaux, il réussit à passer en juin 40 un certificat de littérature française. En octobre ou novembre de la même année, il le complète à Toulouse par un deuxième d’études latines avant d’en entreprendre un troisième à Lyon, il choisit l’archéologie grecque car il n’est pas très fort dans la langue de Platon qu’il a apprise tout seul.

A Lyon, devenue capitale intellectuelle et spirituelle de la France vaincue, il publie en 1941 " Navire pour l’Atlantide " où sont en germe les principaux thèmes qu’il développera par la suite. Le livre est bien accueilli dans toute la zone libre.

En mars 1945, il est rédacteur au Journal Parlé de la Radiodiffusion Française où il a comme collègues Paul Guimard et Georges de Caunes.

De 1945 à février 47, il est en Autriche comme officier de contrôle à Radio Vorarlberg puis à Radio-Innsbruck. A Radio-Vienne, il est chargé des émissions culturelles françaises.

En 1947, le revoici comme officier de contrôle à Radio Baden-Baden. La Bundesrepublik ayant été proclamée, il devient attaché, puis lecteur de langue et de civilisation françaises à Bonn, puis à l’Institut Français de Berlin où Sartre avait été professeur en 1933 puis aux universités populaires de Cologne et de Jönköping (Suède) puis à celle de Frederikstad, puis à l’Alliance Française de Paris excellente école dont l’élève le plus illustre fut jadis le jeune Montini, futur Paul VI. Il y restera de 1958 à 1978.

L’armée, la radio et l’enseignement, loin de freiner l’inspiration de Jean Prieur lui ont assuré les loisirs indispensables à la poursuite de son œuvre, ils l’ont fait voyager et rencontrer des personnalités marquantes. C’est en Autriche qu’il fit la connaissance du grand philosophe allemand Hermann de Keyserling qui persécuté par les nazis se cachait dans un village du Tyrol et sortait tout juste d’une longue clandestinité. C’est en Allemagne où il faisait des conférences sur Gabriel Marcel dramaturge qu’il se lia d’amitié avec lui. Le chef de file de l’existentialisme chrétien était fort apprécié chez nos voisins germaniques. La philosophie de Gabriel Marcel est inséparable de son théâtre et c’est sur la scène qu’il la projette avec le plus de force. Loin des essences et des notions abstraites, il dénie la qualité proprement philosophique à toute œuvre où ne se laisse pas discerner ce qu’il appelle " la morsure du réel ". Mais le réel marcélien est autrement plus vaste que le réel sartien, il englobe l’Invisible autant que le visible, l’Esprit et les esprits autant que la matière. Existentialiste avant la lettre, le jeune Prieur recourut dès 1941 au roman (en l’occurrence " Navires pour l’Atlantide " afin d’évoquer de façon existentielle cette tradition ésotérique universelle qu’il venait de découvrir. Son essai Sagesse de l’Olivier (1948-1949) ne rencontre que refus et indifférence sauf à la Librairie Véga où régnait un charmant vieux monsieur qui lui prodigua éloges et encouragements sans prendre pour autant le risque de l’éditer. Ne parvenant pas à se faire entendre, il fît retour aux pièces radiophoniques dont certaines débouchèrent sur la scène. Ce furent donc de 1952 à 1972 : L’Invitation à la Mort, Les Derniers Jours d’Henri de Kleist, La Hantise du Chevalier Reinhold que le comte de Saint Germain réussit à dégager, La Grande Terreur, Raphaël Noir, Vigny et Marie Dorval, Le Vol du Feu où se croisent les mythes de Prométhée et de Caïn ; Vivants contre Divins ( Der Turmbau zu Babel), Compagnie Der Quell, Cologne et Essen, La Cour des Miracles créée au Studio des Champs Elysées reprise par la radio avec Madeleine Robinson, Louis Seignier, Roger Pigaut, Silvia Mingort puis par le Park Lane Theatre de Londres. A propos de cette dernière pièce " Radio Times " écrivit " The Play is full of irony and Mr. Prieur has plenty to say.". De son côté, Marcelle Capron dans son article de "Combat " du 14/10/1952, avait conclu par la même formule : " Jean Prieur a certainement des choses à nous dire. " Elle était la seule critique à avoir compris le sens de la pièce et les intentions profondes de l’auteur. Elle rejoignait Pierre Fresnay qui avait écrit à l’auteur de Vivants contre Divins : " Vous avez le sens des hauts sujets et la vigueur qu’il faut pour y atteindre. " Un autre grand comédien, Claude Dauphin, présenta en 1966 son Cyrano de Paris au Théâtre des Auteurs, en réalisant l’exploit de lire ou plutôt de jouer tous les rôles à la fois.

Au début des années 50, le cinéaste Pierre Billon avait projeté de tourner en Italie La Cour des Miracles ; il se heurta à l’opposition formelle de l’Eglise. A Hambourg, elle fut bien accueillie au forum Verlag sous le titre Zeichen und Wunder geschehen ( traducteur : Hans Hellwig) Il arrive des signes et des prodiges.

Au fils des ans, Jean Prieur réalisa que ce plenty to say, cette abondance de choses à dire, ne pouvait passer sur une scène sans courir le risque de se colorer des reflets de la fiction et d’apparaître comme un simple jeu littéraire. C’est alors que sa rencontre avec Marcelle de Jouvenel qui recevait par écriture intuitive des messages de son fils Roland, véritables diamants de l’eau la plus pure, le confirma dans la certitude que l’Autre Rive est très proche de nous et peut nous orienter vers le Vrai, le Bien et le Beau. Il était de plus en plus persuadé que nous baignons déjà dans ce monde des esprits, monde substantiel, bien que non physique. Son évolution s’accéléra et, dans l’élan de son second souffle, il donna successivement :

Swedenborg, biographie et anthologie du mystique suédois

Les Témoins de l’Invisible, préface de Gabriel Marcel (Fayard, 1972) " C’est le Livre des morts occidental " (Raymond Abellis). " C’est une bombe spirituelle " (R.P. Guy de Fatto). Il y eut en effet pour l’auteur beaucoup de retombées : conférences dans les pays francophones y compris le Québec ainsi qu’en Italie et des traductions en douze langues.

Vinrent ensuite :

Cet Au-Delà qui nous attend (1974), L’Apocalypse, révélation sur la vie future (1976), Les Morts ont donné signes de vie (1976), Les Visiteurs de l’Autre Monde (1977), L’Aura et le Corps immortel (1979), Les Tablettes d’or (1979), Le Livre des Morts des occidentaux (1981), Zarathoustra homme de lumière (1982), Les symboles universels(1982), Les Maîtres de la pensée positive (1982), Les visions de Swedenborg (1984), La Nuit devient lumière (1986), L’Ame des Animaux (1986), La prémonition et notre destin (1989).

Hitler et la guerre luciférienne (1992) Ce personnage réalisa l’extraordinaire synthèse de l’odieux et du ridicule. Jean Prieur met l’accent sur ce second aspect et déverse un corrosif humour sur ce charlot sinistre qui n’en avait aucun. Il rêve d’écrire une pièce ou un scénario qui s’intitulerait : Et c’est devant ça que tremblait le monde.

Le Mystère des retours éternels (1994)

En décembre 1994, il reçoit la médaille de la Ville de Paris pour l’ensemble de son œuvre.

Les Sourires du monde parallèle (1996) C’est l’Au-delà vu sous l’angle de l’humour. De tous les livres de Jean Prieur, c’est le plus méconnu. On confond en France vie post mortem et ton sépulcral. On ne veut pas que l’Esprit ait de l’esprit.

Toi le Seul Vrai Dieu (1997), Les mondes subtils et la résurrection immédiate (1998), Le Pays d’Après (1999), L’Ame des Animaux, réédition augmentée (2001).

En juin 2002, les Editions du Rocher ont publié " Du monde des esprits au monde de l’Esprit ". Ce qui lui a permis de fêter ses noces de platine (70 ans) avec la littérature de l’étrange puisque son premier texte publié : " Le mortel anachronisme " le fut en 1932.

En octobre 2002, il termine un " Allan Kardec, fondateur de la Spiritologie "

En 2003, toujours au Rocher  " Muhammad, Prophète d’Orient et d’Occident ". Muhammad est l’homme qui a dit : Point de violence en matière de religion : la vérité se distingue suffisamment de l’erreur.

… Et bien d’autres écrits encore…

Pour la liste complète (et en détail), se reporter à la rubrique " Bibliographie
 " dans le module " Catégorie ".

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Arlette 09/02/2007 14:51

C'est vraiment un grand Monsieur, je viens de le découvrir par un de ses livres qui m'a été offert récemment "L'âme des Animaux" et croyez moi je ne vais pas en rester là ;-) Je compte bien m'acheter à mesure toute la collection de ce qui a été écrit par Jean Prieur qui est comme moi un ch'ti de naissance. Merci pour ce blog et continuez à nous donner des informations sur ce grand écrivain. Cordialement.

Jean Prieur 13/02/2007 10:30

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