Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Jean Prieur (1914-2016)

Jean Prieur (1914-2016)

Jean Prieur a étudié les doctrines ésotériques et les phénomènes paranormaux à la fois en tant qu'historien et philosophe.


A propos des rêves:

Publié par Jean Prieur sur 11 Septembre 2014, 11:05am

Catégories : #Conférences

RÊVE, PORTE DE L'AU-DELÀ
Par Jean Prieur

 

Le rêve, ce cinéma permanent, occupe dans notre vie une place importante, fondamentale. Le sommeil n'est pas un état d'inconscience. C'est au contraire dans le sommeil que nous sommes le plus actifs mentalement. L'imagination et la mémoire acquièrent alors une puissance qu'elles ne possèdent pas à l'état de veille. Parce que le sommeil est une condition dans laquelle on est coupé du monde physique, on peut entrer en relation avec le monde métaphysique, ce monde qui nous entoure et qui est aussi au dedans de nous. Bergson a dit que dans le sommeil on se désintéresse ... on se désintéresse surtout du monde matériel et corporel. C'est alors que l'on peut entrer en contact avec ce monde des esprits peuplé d'intelligences bénéfiques ou maléfiques. C'est selon! Selon notre tonalité personnelle. Les pensées basses attirent les entités mauvaises, les pensées altruiste attirent les entités supérieures.

Est-ce à dire que tous les rêves soient des incursions dans le monde des esprits? Certainement pas! Nombreux sont les rêves d'origine physiologique: mauvais digestion, désirs sexuels. Mauvaise position du dormeur. Ces rêves là, enfants chéris des psychanalystes, ont été suffisamment étudiés. Ils n'entrent pas dans notre sujet. Pas plus que ces rêves qui sont la liquidation de notre journée, l'évacuation de notre trop-plein.

Nous ne parlerons que des rêves qui, par leur valeur prémonitoire spirituelle, pédagogique, constituent de véritables communications. Ces rêves-là sont les messages de ceux qui n'en reçoivent pas.

Les disparus nous transmettent leur pensées soit sous la forme élaborée des messages, soit sous la forme diffuse du rêve. Rares sont les personnes qui reçoivent des messages. Mais tout le monde rêve. Par le rêve, nous pouvons en quelque sorte suivre l'évolution de ceux qui nous ont précédés. Le cadre dans lequel ils apparaîtront, la lumière qui sera autour d'eux, leur expression et leurs paroles seront autant d'indices sur leur situation actuelle dans le monde métaphysique.

Par exemple, quelques mois après le décès d'une amie, je rêve d'elle. Je la rencontre aux Tuileries dans la partie du jardin proche de la station de métro qui porte le même nom. Je sais qu'elle est morte et je trouve tout à fait normal qu'elle circule dans Paris bien coiffée, bien habillée comme de son vivant. Il fait un temps gris, sans luminosité. Nous commençons à marcher en direction de la Concorde. Alors je lui demande:

- Comment est-ce là-bas ? Vous vous y plaisez ?

Elle me donne cette réponse qui me laisse stupéfait:

- Je m'ennuie un peu.

Je n'ose lui demander pourquoi et nous continuons à marcher. Nous parlons de choses intimes, mais qui concernent ce monde. Nous arrivons gare St. Lazare... Je n'ai pas encore osé la questionner sur l'autre vie. Au seuil de la Galerie des Marchands, parmi la foule, il y a deux dames. Je ne les connais pas, mais je sais que c'est la mère et la fille. Elles savent que mon amie n'est plus de ce monde et ne manifestent aucune surprise de la rencontrer. Elles s'embrassent et elles disparaissent toutes les trois. Et je me retrouve tout seul, tout perplexe, furieux contre moi-même de ne pas l'avoir interrogée sur l'autre monde.

Les rêves de ce genres présentent toujours les mêmes caractéristiques:

1) Ils arrivent le matin.

2) Sans doute parce qu'ils arrivent le matin, on s'en souvient parfaitement. Ils laissent dans notre mental la même trace durable et profonde qu'un souvenir réel.

3) Ils présentent une logique remarquable, une continuité sans failles. Il n'y a pas dans ce genre de rêves la succession chaotique de scènes invraisemblables. Tout se déroule comme dans un film bien construit.

4) Ils ont une telle intensité, une telle réalité qu'ensuite on a l'impression de les avoir vécus réellement. Ils deviennent partie intégrante de notre existence. Nous ne les oublierons jamais.

Les rêves de ce genre ont même plus de valeur que certains messages car le rêve est toujours spontané. Il ne peut être provoqué par le rêveur. Il surgit toujours de façon imprévisible, gratuite. "Seul porte le sceau divin ce qui est donné" a dit Roland de Jouvenel. Or, le rêve est toujours donné. Ce n'est pas le terrestre qui évoque, c'est plutôt lui qui est évoqué. Le conscient ne joue aucun rôle. Aucun élément matériel n'intervient: pas de table, pas de planchette, pas de crayon. Comme le message non-spirite, il se produit dans des circonstances qui ne sont ni collectives, ni expérimentales, ni spectaculaires. Comme dans les messages non-spirites, c'est l'amour qui établit le contact. Nous allons donc examiner différents rêves, qui m'ont été rapportés par des personnes sur Internet. Les titres sont de mon invention, mais les faits sont exacts.

I) Voici tout d'abord: LES YEUX:
Madame Stewart voit en rêve deux grands yeux noirs, bordés de longs cils, deux yeux qui la fixent de près. Elle sait que ce sont ceux de son frère. Elle ne voit pas son visage, seulement ses yeux et elle s'étonne de leur beauté. Elle ne se souvenait pas qu'ils fussent si fascinants. Ce frère étant parti très jeune pour les États-Unis, elle avait gardé assez peu de contact avec lui. Et depuis vingt ou trente ans, à sa connaissance, elle n'avait jamais rêvé de lui.

Deuxième rêve, fait quelques jours après le précédent: Madame Stewart doit réciter un poème de son choix. Elle se décide pour "Les yeux" de Sully Prudhomme. Elle récite à plusieurs reprises les deux premières strophes, mais chaque fois les deux derniers vers de la première strophe lui échappent. A son réveil elle peut les reconstituer et elle fait alors le rapprochement de ce rêve avec le précédent. Elle lit et relit le poème de Sully Prudhomme:

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux.
Des yeux sans nombre ont vu l'aurore.
Ils dorment au fond des tombeaux,
Et le soleil se lève encore.
Oh! qu'ils aient perdu leur regard
Non, non, cela n'est pas possible
Ils se sont tournés quelque part
Vers ce qu'on nomme l'invisible.
Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux
Ouverts à quelque immense aurore
De l'autre côté des tombeaux
Les yeux qu'on ferme voient encore.

A quelque temps de là, Mme. Stewart apprend la mort de son frère. Elle réalise qu'elle a fait le premier rêve trois ou quatre jours après la mort du jeune homme, probablement le jour de ses obsèques.

Les yeux physiques dorment au fond des tombeaux. Les yeux spirituels n'ont perdu ni leur éclat, ni leur beauté et ils viennent regarder dans le calme de la nuit ceux qu'ils ont aimés, ceux qu'ils aiment toujours.

II) LE DORMEUR AU DÉSERT:
Madame Maurange voit en rêve un désert de sable, brûlé par le soleil. Elle n'est pas dans le paysage. C'est une scène qu'on lui montre; c'est un cliché. Il y a un soldat couché sur le dos. il a un trou dans la poitrine, un trou fait comme par une vrille. Pas de sang. Elle ne voit pas son visage, mais elle sait que c'est son second fils, Michel. Le premier fils Jacques, a été tué en Indochine. Ce rêve qu'elle fait en avril au sujet de Michel, elle n'en parle à personne, ni à son mari, ni au fils qui lui reste. Elle porte seule son effroyable secret. En mai, le jeune homme, qui est sous-lieutenant, reçoit sa feuille de mobilisation. Il doit partir pour l'Algérie. Madame Maurange multiplie les démarches pour que Michel soit affecté en France. Elle fait ressortir que son fils Jacques a déjà été tué. on lui répond: "Vous avez perdu un fils, vous ne pouvez en perdre un second". Un peu ce que disent les combattants: un obus ne tombe jamais dans un trou d'obus. Alors Madame Maurange s'adresse à Michel, elle voudrait qu'il y mette du sien, qu'il se démène comme elle, qu'il fasse, lui, quelque chose pour empêcher ce départ. Elle lui dit: "Tu ne peux pas nous faire ça!". Le jeune homme a cette réponse étrange: "Il faut que je parte pour aider Jacques".

- Qu'est ce que tu racontes? Enfin, réfléchis! Jacques est mort, comment veux-tu l'aider ?

Michel semble revenir à la réalité.

- Ah! oui, c'est vrai! Qu'est ce que je disais là!

Il partit quelque temps plus tard. En octobre de l'année suivante, il fut tué à la frontière algéro-tunisienne.

A quoi avait servi ce rêve prémonitoire ? A rien, hélas! Madame Maurange, avertie du drame, n'avait pu l'empêcher de se produire, ni par ses démarches, ni par ses conversations avec son fils. Par la suite, elle reçu des communications de l'Au-delà d'où il résultait qu'en effet Michel aidait Jacques dans sa nouvelle vie. Cette double mort, une gitane avait dû la voir, dans l'aura des deux garçons. Cela se passait en Bretagne, Jacques et Michel devaient avoir une dizaine d'années. Après une promenade dans la campagne, ils se dirigent avec leur mère vers un banc où la gitane était déjà assise. Celle-ci les regarde longuement, se lève et s'enfuit en hurlant.

III) LE CANTIQUE OBSÉDANT:
Le 4 mars 1961, Madame de Jouvenel doit rendre visite à une lectrice de Roland, Madame Lagarde. Toute la matinée, elle est obsédée par un cantique, inlassablement elle en fredonne le refrain.

Dans l'après-midi, elle se rend chez Madame Lagarde qui lui déclare ceci:

- Bien souvent, je reçois des signes prémonitoires. Ainsi, il y a quelques mois, en écrivant mes courses, j'ai été prise d'une sorte de sommeil hypnotique. Quand je me suis réveillée, j'ai vu inscrits sur mon papier, ces mots: "Ta sœur est gelée!" Je devais apprendre par la suite que ma sœur était morte, à cet instant précis.

Madame Lagarde prend alors un missel, le tient quelques instants dans ses mains, reste silencieuse. Enfin, elle l'ouvre à une page qui est marquée par un trèfle à quatre feuilles. Elle dit à Mme. de Jouvenel: "lisez ceci!". Et Mme. de Jouvenel voit, souligné de rouge, le même cantique que celui qu'elle avait fredonné toute la matinée.

Il y a deux faits curieusement imbriqués dans cette histoire:

1) Le cantique obsédant. Toute la matinée Mme. de Jouvenel le fredonne et elle le retrouve dans le livre que lui tend son amie. Là, il n'est pas question de rêve. Ne nous attardons pas sur cette "coïncidence", très remarquable en soi.

2) Le message en quatre mots reçu pendant un sommeil fugitif. Exemple très rare d'écriture en état d'hypnose spontanée, d' écriture automatique proprement dite. Ce qui est bizarre dans cette communication rapide et exacte, c'est le terme employé: "gelée". "Gelée", cela fait penser à l'argot "refroidie". Mme Lagarde est une personne cultivée, veuve d'officier, d'un bon milieu, comme on dit. Jamais elle n'aurait employé un mot aussi réaliste, aussi brutal, surtout s'agissant de sa sœur. Quel est l'esprit trivial... et bien informé qui a profité de son bref sommeil pour lui dicter ces quatre mots ?

IV) ACCEPTATION:
M. Langevin, très gravement malade et souffrant un martyre continuel, fait le rêve suivant qu'il raconte à sa femme qui vient d'entrer dans sa chambre:

- Il m'est arrivé quelque chose de curieux. Je n'avais plus aucune souffrance. J'étais comme dans le néant, un néant agréable. Je flottais dégagé de mon mal, mais j'ai été pris de panique. Je me suis rattaché, cramponné à ma souffrance comme une bouée. Et, vois-tu, je me suis réveillé avec ma souffrance.

Mme. Langevin, très avertie des questions spirituelles, comprend ce qui s'est passé: il y a eu dédoublement, un premier départ, mais son mari s'y est opposé de toute ses forces. Quand il déclare qu'il s'est rattaché à sa souffrance, c'est à son corps physique qu'il s'est rattaché au dernier moment. Il n'accepte pas de mourir. Pas encore. Le lendemain, M. Langevin fait un nouveau rêve. Un frère, plus jeune que lui, Pierre, décédé quelques années auparavant, lui apparaît. Ce frère qu'il aimait tout particulièrement, lui tend la main. M. Langevin la saisit. C'est enfin l'acceptation. Il mourut le surlendemain.

V) POURQUOI ELLE ET PAS MOI ?:
L'histoire suivante débute en Suisse romande, pendant la première guerre mondiale. Un jeune homme de 22-23 ans, Gérard de Laval, employé dans un laboratoire qui travaille pour les industries de guerre, contracte une maladie incurable. Il est empoisonné par les produits chimiques qu'il manipule. Se sachant perdu, il se suicide. Sa mère, plus de vingt ans après, n'est pas remise de ce choc et continue à vivre dans le désespoir et la révolte. Une de ses amies, Mme. Wilson, que je connais, lui parle des Lettres de Pierre:

- Oui, oui, je les ai lues, répond Mme. de Laval. Tout cela est très beau, mais est entièrement inspiré par le subconscient de la mère.

Tous les arguments employés par Mme. Wilson n'arrivent pas à la convaincre. Quelques temps plus tard, Mme. Wilson arrive chez Mme. de Laval, munie de ma brochure "Qui est Pierre ?" Mais avant même qu'elle ait pu lui en parler, Mme. de Laval lui raconte ceci:

- " J'ai à mon service une Espagnole. C'est une jeune femme charmante et pleine de dévouement. elle m'entoure de ses soins et de son affection comme si j'étais sa mère. Jamais je n'ai rencontré une personne aussi naturellement bonne et aussi spontanée. Depuis qu'elle est auprès de moi, ma vie est heureuse, enfin presque heureuse. Évidement, je ne lui ai pas parlé de Gérard, ni de mon chagrin. Elle ne pouvait même pas savoir que j'avais un fils, car je n'ai jamais prononcé son nom devant elle. Je dois vous dire qu'elle passe la nuit du samedi au dimanche chez moi, dans une chambre que je lui réserve. Or, un dimanche matin, Mana m'assure qu'elle a vu, la nuit, en rêve... mais est-ce un rêve? Elle a vu un jeune homme assis dans le fauteuil que j'occupe habituellement. Elle lui demande ce qu'il fait là, ce qu'il veut. Le jeune homme répond qu'il s'appelle Gérard, qu'il est le fils de Mme. de Laval et qu'il est heureux de se retrouver chez lui. Mana précise qu'il avait mes yeux et qu'il se rejetait en arrière dans son fauteuil. Là-dessus, elle se met à l'imiter et je reconnais un geste typique de mon fils. "

Mme. de Laval était bouleversée, cependant elle ne pouvait pas croire que tout cela fût possible, répétant: "Mais pourquoi l'a t-elle vu, elle ? pourquoi elle et pas moi". A quoi, Mme. Wilson répondit: "Mana est une personne simple comme une enfant, pleine de cœur et d'altruisme. C'est à des personnes comme elle que Dieu envoie des manifestations spirituelles".

Mme. de Laval était ébranlée, mais non convaincue. Ni la brochure, ni l'apparition, infiniment plus probante, de Gérard à la femme de ménage espagnole n'arrivaient pas à l'arracher à son scepticisme. Elle répétait tout le temps à Mme. Wilson: "Ah! si seulement je pouvais y croire... si je pouvais y croire!"

Analysons ce récit :

1) Gérard donne signe de vie plus d'un demi-siècle après sa mort.

2) Il se manifeste dans un lieu où il avait vécu. Il est apparu à Mana chez lui, du samedi au dimanche, et non pas chez elle, tous les autres jours.

3) Il apparaît non pas à sa mère, mais à une étrangère, au double sens du terme. Sa mère est sceptique, très peu réceptive, le contact ne peut s'établir.

4) Le rêve de Mana ne peut être le prolongement de conversations entendues puisque Mme. de Laval, murée dans son chagrin et dans son silence, ne lui avait jamais , jamais parlé de Gérard.

5) Le désintéressement, la sincérité, l'affection de Mana pour Mme. de Laval ont agi comme un aimant sur Gérard: le lien d'amour lui a permis de passer.

6) Voyant que ni les messages des autres, ni les brochures, ni les conversations de Mme. Wilson ne pouvaient avoir raison de scepticisme de sa mère, Gérard décide d'user d'un moyen spectaculaire.

7) Il y a dans cette histoire le détail bien concret, bien précis, bien caractéristique, le détail irréfutable: cette habitude qu'avait Gérard de se renverser sur son fauteuil, geste que Mana imita et qui bouleversa la mère. Geste qu'elle ignorait absolument, en admettant qu'elle ait pu voir une fois une photo de Gérard, ce qui lui aurait permis de dire: "il avait vos yeux". A propos de détail concret et caractéristique, qu'on me permette de raconter une expérience personnelle que j'intitulerais:

VI) LE GRAND VIEILLARD DANS LE JARDIN EXTRAORDINAIRE:
J'ai passé la nuit dans une maison qu'avait occupé le philosophe Jacques de Marquette, fondateur de Panharmonie. Au cours de la nuit, je fais le rêve suivant: je suis dans un jardin magnifique, exubérant; son jardin à lui, mais transposé dans une étonnante intensité de lumières et de couleurs. Et, le long d'une allée passe un grand vieillard très beau, très droit, les cheveux blancs. Il est coiffé d'un chapeau de paille... C'est tout! Mais ce chapeau de paille, à bien y réfléchir, signifie beaucoup.

Analyse du rêve:

- Comme la femme de ménage espagnole, j'ai rêvé d'un disparu là où il avait vécu. Je n'ai jamais fait depuis d'autre rêve de Jacques de Marquette, que je n’ai pas connu en ce monde.

- J'ai vu cet homme de haute spiritualité dans une ambiance de nature, de lumière et de couleur. Nature, lumière et couleur étant exubérantes.

-Mais le plus important à mes yeux, c'est le chapeau de paille, car là il s'agit d'une chose que j'ignorais absolument.

Je raconte ce rêve à Mme. Langevin qui fut sa collaboratrice et qui l’accompagna dans ses voyages en Indes. Elle me demande aussitôt:

- Quelle forme avait ce chapeau de paille ?

Je réponds:

- Ce n'était pas du tout le canotier en forme classique de camembert. Il avait la forme d'un chapeau mou, d'un chapeau classique.

- C'est exactement ça! me répondit Mme. Langevin. Quand nous voyagions aux Indes, il portait toujours un chapeau de ce genre.

Je ne connais de Jacques de Marquette que les photos qui figurent dans le livre "Confession d'un mystique contemporain". Il est toujours représenté nu tête. Donc, ce que j'ai vu ce n'était ni un souvenir, ni une imagination. Et c'était plus qu'un rêve.

Mais j'en viens au cri de Mme. de Laval: "Pourquoi la femme de ménage espagnole et non pas la mère ? Pourquoi elle et pas moi ?" Ce cri, elle aurait pu le pousser, la cousine de Pierre qui fut déportée à Ravensbrück. J'ai fait dans "Les témoins de l' Invisible" ce récit que j'intitulerai:

VII) PIERRE ET LA MILITANTE DU PARTI:
Manque de nourriture, manque de sommeil, mauvais traitements: Solange, la cousine de Pierre Monnier est épuisée physiquement et psychiquement. Elle est au bout de son rouleau. Elle veut se laisser mourir. Or, un matin, sa voisine de bas-flanc, une militante communiste, lui dit:

- J'ai fait un drôle de rêve, la nuit dernière. J'ai vu un soldat de l'autre guerre, qui voulait te parler, mais qui ne pouvait pas. Alors, il s'est adressé à moi. Il m'a dit son nom: Pierre Saunier, ou quelque chose d'approchant.

- Tu veux dire Pierre Monnier ?

- Oui, Pierre Monnier, c'est cela.

- Qu'est ce qu'il t'a dit ?

- Il faut que Solange tienne le coup encore trois semaines. Encore trois semaines!

Les Américains n'étaient pas très loin, mais les déportées l'ignoraient. La jeune femme se ressaisit et décida de vivre. Effectivement trois semaines plus tard, le camp était libéré.

Ce rêve pose des problèmes.

Pierre, pour une raison que j'ignore, ne peut s'adresser à sa cousine. Il doit passer par la militante communiste qui est beaucoup plus réceptive et psychique qu'elle ne l'imagine elle-même. Il prédit l'avenir proche, non pour satisfaire une curiosité indiscrète, mais pour sauver du désespoir et de la mort une personne qu'il aime.

Dans le rêve qui suit, il ne s'agit pas d'arracher un être aimé à la mort, mais à de graves soucis financiers.

VIII) VA TROUVER JACQUES D. :
En 1939, c'est le début de la guerre. Une jeune femme, Lydia, qui donnait jusqu'alors des leçons de musique, se trouve dans une situation angoissante. Elle n'a plus d'élèves, donc plus d'argent. Elle n'a même plus de logement: ce sont des amis qui l'hébergent. Elle rêve de son père, rêve très net, très précis, très court. Elle le voit, il lui parle, elle reconnaît sa voix qu'elle avait oubliée, car il est mort depuis plus de vingt ans. Il lui dit seulement: "Va trouver Jacques D." Le rêve s'arrête, elle s'éveille. Lydia se souvient que ce Jacques D. travaillait dans telle administration, mais elle ignore s'il est encore en activité ou même en vie. Elle se rend aux bureau de ladite administration et demande si par hasard M. Jacques D. est toujours en fonction.

- Remplissez cette fiche, dit le huissier.

Quelques instant plus tard, elle est reçue à bras ouverts par Jacques D. Elle lui expose le but de sa visite.

- Vous tombez bien, reprend-il. Nous sommes en train d'organiser un nouveau service pour la Défense Nationale. Faites tout de suite votre demande. Je la remettrai moi-même au Directeur.

Deux jours après, Lydia était engagée.

Le rêve suivant, je pourrais l'intituler, comme le livre de Paul Misraki: "Mort d'un P.D.G." Mais ne faisons pas d'ironie, car il s'agit d'un suicide.

Le 17 juillet dernier, M. Lebel, patron d'une grande entreprise de Marseille, part au volant de sa Mercédès. Il roule à toute vitesse sur la grande jetée. La société, fondée par lui, a justement son travail sur le port, mais à cette heure-là, il est déjà 19 heures, tous les ouvriers sont partis. M. Lebel accélère, accélère, se jette dans la mer. Le lendemain matin, on repêche la voiture et le corps. Sur le volant est fixé un papier ne portant que ces mots: MORT VOLONTAIRE. "Il était bon, m'écrit Melle. Denis, sa secrétaire. Ses affaires marchaient très mal. Il ne pouvait supporter l'idée que le personnel qui l'avait aidé à s'enrichir perde son emploi. Nous avions eu, à plusieurs reprises, des conversations sur l'au-delà. Il savait bien, lui dont les affaires étaient la seule raison de vivre, il savait bien que de nous deux, c'était lui, le pauvre."

Le 21, donc 4 jours après, accablée de chagrin ... et de soucis matériels, puisqu'elle vient de perdre sa situation et n'a aucune réserve financière, Melle. Denis fait une sieste. Pendant quelques instants elle va oublier. Elle est dans une demi-conscience, couchée sur le côté droit. Tout à coup, brusquement, brutalement, dans l'oreille droite posée sur l'oreiller, elle entend ces deux mots: C' EST VRAI ! C'est tellement net qu'elle sursaute violemment en poussant un cri qui la sort de sa torpeur. Sur le moment, elle ne comprend pas tout de suite. Puis, d'un seul coup, la lumière se fait: "C'est vrai ! ce que vous m'avez dit. C'est vrai: à présent je l'expérimente. C'est vrai: il existe une autre vie".

Le suicidé revenait auprès de la seule personne avec qui il avait eu ce genre de conversation. Il revenait de l’Au-delà pour lui confirmer la véracité de ses dires.

IX) L' HOMME NU DANS LA BOUE:
Un jeune homme, Lucien, très sceptique sur tout ce qui concerne l'Au-delà et les questions spirituelles, rêve de son père, très sceptique lui aussi. Il le voit nu, enfoui jusqu'à la ceinture dans une mare de boue. Et cet homme s'écrie : "Je suis vivant!" Quelques jours plus tard, Lucien apprend la mort de son père, mort survenue inopinément.

Aspect inquiétant du rêve: le père est nu, car il n'a pas de croyance. Il est enfoui dans la boue et cette boue représente son matérialisme.

Aspect consolant du rêve: il commence à se dégager, il émerge de son matérialisme, il est vivant et il l'annonce à son fils et, à travers ce dernier, à tous ses proches.

Théorème: la résurrection immédiate est pour tous, même ceux qui n'y croient pas. Corollaire de ce théorème: "Il est préférable d'y croire et d'agir en conséquence".

Un théorème est une proposition démontrable qui résulte d’autres propositions déjà posées. Il existe des lois en spiritologie.

Autre rêve concernant un matérialiste:

X) LE TÉLÉGRAMME:
Mme. Sevran rêve qu'elle reçoit un télégramme de son mari décédé. Elle ouvre et lit: JE SUIS AVEUGLE ET SOURD. Je ne sais si Mme. Sevran est croyante ou pas, toujours est-il que ce rêve demeure pour elle une énigme. Or, de l'autre côté, ceux qui n'ont pas cru à la résurrection immédiate se réveillent effectivement aveugles et sourds.

Théorème: L'autre monde sera ce que fut notre conception à son égard.

Tous les rêves dont j'ai parlé ont été faits par des adultes, sceptiques comme Lucien, comme la déportée communiste de Ravensbrück, ou croyants comme Melle. Denis, lectrice de Roland. Voici maintenant le rêve d'une petite fille de dix ans:

XI) UN GRAND PÈRE RAJEUNI:
Un matin de mars 1972, Sylvie raconte à sa mère:

- "Je me trouvais avec ma grand mère, papa et toi, maman, dans la salle à manger de la maison de Beaune; nous étions tous debout et parlions lorsque grand-père est arrivé. Il n'était pas du tout aussi âgé qu'au moment de sa mort, mais ses cheveux étaient châtain clair et il paraissait avoir entre trente et quarante ans; je l'ai reconnu tout de suite. A peine entré , il nous a dit d'une voix calme, assurée, et d'une façon toute naturelle: "JE COMMENCE UNE VIE NOUVELLE". Puis il a disparu et fait d'autres rêves que j'ai oubliés."

Ce qui frappe dans ce rêve, c'est le détail: il avait les cheveux châtain clair. Sylvie ignore que les disparus âgés rajeunissent et se fixent dans l'apparence qu'ils avaient aux environs de la trentaine. Si la petite fille avait vu dans son rêve un monsieur âgé, aux cheveux blanc, le grand-père qu'elle avait connu et qui est mort trois ans plus tôt, on pourrait dire: c'est un souvenir qui ressurgit. Mais elle a vu un homme dans la force de l'âge, tel qu'il était avant qu'elle ne vînt au monde. Récemment voyant, chez sa grand-mère, une photographie de lui, à l'âge de 36 ans, elle s'est écriée: " Papy ressemblait exactement à cette photo quand je l'ai vu en rêve. " Donc, ce n'est pas un souvenir, c'est une apparition... objective, subjective ? Sylvie voit son grand-père dans la maison de Beaune qu'il habita pendant 36 ans. "Je commence une vie nouvelle", dit-il. Sylvie ignore que, de l'autre coté, il y a des naissances et des renaissances et que les vies successives se déroulent dans l'au-delà. Le rêve de Sylvie était bien plus qu'un rêve, c’était un songe, véritablement une apparition.

XII) L' ÉVANGILE DES SONGES:
Dans les Écritures, une place importante est faite au rêve. Il y a dans l'Ancien Testament de nombreux exemples de rêves prémonitoires, songe de Pharaon, songe de Jacob. Si nombreux qu'ils pourraient constituer le sujet de plusieurs conférences et même d'un livre. Nous nous en tiendrons au Nouveau testament et à l'Évangile de Matthieu. 1er songe de Joseph: "Ne crains pas de prendre avec toi Marie, ton épouse, car l'enfant qu'elle a conçu vient de l'Esprit Saint." Si Joseph avait repoussé Marie, elle aurait été accusée d'adultère et lapidée... avec elle serait mort l'enfant qu'elle portait.

: "Ne crains pas de prendre avec toi Marie, ton épouse, car l'enfant qu'elle a conçu vient de l'Esprit Saint." Si Joseph avait repoussé Marie, elle aurait été accusée d'adultère et lapidée... avec elle serait mort l'enfant qu'elle portait.

2ème songe: "Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère et fuis en Égypte. Demeure là jusqu'à ce que je te le dise..."

: "Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère et fuis en Égypte. Demeure là jusqu'à ce que je te le dise..."

3ème songe: "Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère et retourne dans la terre d'Israël, car ceux qui en voulaient à la vie du petit enfant sont morts.

: "Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère et retourne dans la terre d'Israël, car ceux qui en voulaient à la vie du petit enfant sont morts.

Il y aura même un quatrième songe qui déconseille à Joseph de s'établir en Judée, où règne le fils d'Hérode, et lui recommanda de se retirer en Galilée. Ces quatre rêves et celui des mages "avertis divinement en songe de ne pas retourner vers Hérode" se trouvent dans l'Évangile de Matthieu. C'est également Matthieu qui nous rapporte le songe de la femme de Pilate. On se souvient des circonstances. Le procurateur vient de demander à la foule: "Lequel voulez-vous que je vous relâche ? Barabbas ou Jésus qui est appelé Christ ?". A ce moment là, il reçoit un message de sa femme, message oral ou écrit, le texte n'est pas clair. Dans les Évangiles, les choses sont toujours dites très rapidement, trop rapidement. "N'aie rien à faire avec ce juste, dit-elle, car j'ai beaucoup souffert aujourd'hui à son sujet, dans un songe". L'épouse de Pilate, qui ignore tout des affaires juives, sait que Jésus est un juste. Si elle connaissait l'expression homme de Dieu, elle l'emploierait. Quelqu'un lui a dit, depuis l'autre monde, qu'un épouvantable crime allait se commettre et qu'il fallait à tout prix empêcher cela. Elle a beaucoup souffert. Qu'a-t-elle souffert ? La crucifixion, la future disgrâce de son mari, qui devra faire le voyage de Rome pour se justifier devant l'empereur ? Il est remarquable qu'après avoir reçu ce message, Pilate, lui aussi, atteste que Jésus est un juste! "Je suis innocent du sang de ce juste", dit-il en se lavant les mains, pensant écarter de lui les catastrophes que sa femme avait pressenties.

XIII) SONGES ET VISIONS DE PAUL :
L'apôtre Paul, cet inspiré, ce lutteur, fut lui aussi constamment guidé, instruit par ses rêves et par des manifestations qui furent plus que des rêves. Dans le livre des Actes, on peut lire ceci:

"Pendant la nuit, Paul eut une vision: un Macédonien se tenait devant lui et le suppliait, en disant: Passe en Macédoine et viens nous secourir! Aussitôt après cette vision de Paul, nous cherchâmes à partir pour la Macédoine, convaincus que Dieu nous appelait à y annoncer l'Évangile."

"Nous", celui qui parle ici est Luc, le médecin, compagnon de Paul et auteur du livre: Les Actes des Apôtres. Le passage qui précède immédiatement ce récit contient une expression curieuse, tellement curieuse que certaines versions l'omettent purement et simplement : l’Esprit de Jesus.

"Arrivés près de la Mysie, ils se disposaient à aller en Bithynie, mais l'Esprit de Jésus ne le leur permit pas. Alors ils traversèrent rapidement la Mysie et ils descendirent à Troas".

"Ils", au pluriel, c'est Paul, Silas, Timothée et Luc. Comme toujours, le texte est terriblement concis et allusif. On ne nous dit pas comment s'est manifesté l'Esprit de Jésus. Selon toute probabilité, ce fut en songe.

Le troisième songe de Paul. Cela se passe à Corinthe. L'apôtre est découragé, exaspéré par la sempiternelle opposition des juifs. Il leur déclare: "Que votre sang soit sur votre tête! Désormais je m'en irai vers les nations". Il est donc prêt à quitter Corinthe. Or, le Seigneur dit à Paul, durant la nuit, en vision: "Ne crains pas; mais parle et ne te tais point ! Car je suis avec toi, et personne ne mettra les mains sur toi, pour te faire du mal, car j'ai un grand peuple dans cette ville". Obéissant à son Maître, Paul demeura un an et demi dans cette ville qu'il s'apprêtait à quitter.

Mais tout ça, comme dirait l'étudiant japonais à qui je faisais un petit cours sur le Corps Spirituel, ce sont des histoires de chrétiens!

Non, bien avant le Christ, les hommes de toutes les races et de toutes les religions avaient des rêves et des visions concernant ce monde spirituel auquel ils étaient tous promis et dans lequel ils se trouvent tous depuis longtemps. L'histoire suivante est tirée du " De Divinatione " de Cicéron.

XIV) ASSASSINAT A MEGARE:
Deux amis arrivent à Megare, ville située sur l'isthme de Corinthe. Cicéron ne nous dit pas leurs noms. Déjà, à cette époque, les gens à qui arrivaient ce genre de choses hésitaient à se nommer. Pour la commodité du récit je les appellerai Primus et Secundus. Les deux amis décident de loger séparément. Sans doute pour la raison qu'on ne se repose vraiment bien que si l'on est seul dans une chambre. D'ailleurs ils font non seulement chambre à part, mais aussi maison à part. A peine Primus est-il endormi qu'il voit devant lui son compagnon qui lui dit, angoissé: "Viens vite, le plus vite possible, mon hôte à décidé de m'assassiner". Primus se réveille. "Ce n'est qu'un cauchemar", se dit-il, et il se rendort. Nouveau rêve. Secundus lui apparaît encore. "Que fais-tu ? Dépêche-toi! Les meurtriers sont derrière la porte. Ils vont entrer dans ma chambre. Lève-toi! Viens à mon secours!" Cette fois Primus est frappé par la persistance de ce rêve. Il se prépare à courir vers son ami. puis il raisonne: "Mais non, tout cela est impossible, absurde. De quoi aurai-je l'air en faisant irruption chez son hôte en pleine nuit ?" Assommé de fatigue, il se recouche et se rendort. Alors Secundus se montre à lui pour la troisième fois. Il est défait, défiguré, couvert de sang. "Malheureux, malheureux! Tu n'es pas venu quand je te suppliais. Maintenant c'est trop tard. Tout est fini. ils m'ont tué. Il ne te reste plus qu'à me venger. Au lever du soleil, tu rencontreras à telle porte de la ville, un chariot plein de fumier. arrête-le! Ordonne qu'on le décharge. Tu trouveras mon corps caché au milieu. Fais-moi rendre les honneurs de la sépulture! et poursuis en justice mes assassins !" Cette fois Primus n'hésite plus. Il se lève, il court à la porte de Megare que Secundus lui a indiquée. Il y trouve le chariot. Il arrête le cocher qui se trouble et cherche à s'enfuir. Il ameute les passants. On vide le chariot et sous le fumier on trouve en effet le corps de Secundus.

Ce rêve en trois épisodes est particulièrement intéressant: dans les deux premières séquences, c'est un double de vivant, un corps spirituel qui apparaît à Primus. Secundus spirituel n'arrivant pas à tirer Secundus physique de son sommeil se précipite chez son ami. Il se heurte au scepticisme de Primus et surtout à son immense fatigue. Nous avons tous connu de ces lassitudes anéantissantes, paralysantes. Le plafond pourrait s'écraser sur notre tête qu'on ne bougerait pas. On est comme anesthésié. Dans la troisième séquence, c'est le double d'un mort qui apparaît et qui réclame les honneurs de la sépulture, comme un défunt catholique réclamerait des messes. Secundus demande que ses meurtriers soient punis.

Mais on a l'impression pénible que les avertissements donnés en rêve ne servent à rien. Le songe de Primus n'a pas sauvé Secundus, le songe de la femme de Pilate n'a pas sauvé Jésus, le songe de Calpurnia n'a pas sauvé César.

Le rêve à épisodes est très rare. Personnellement, je ne l'ai jamais expérimenté. Jamais il ne m'a été possible de continuer un rêve interrompu. Voici un autre exemple tiré d'un ouvrage contemporain. Il s'agit d'un rêve triptyque fait par le naturaliste suisse, Louis Agassiz, rêve relaté par sa femme dans une biographie qu'elle fit paraître après la mort de celui-ci.

XV) LE POISSON PRÉHISTORIQUE:
Le professeur Agassiz travaillait donc à reconstituer la forme d'un poisson fossile dont il ne possédait qu'une partie: une vague empreinte sur un bloc d'ardoise. Mais ses efforts demeuraient vains. Il y renonça donc momentanément. Or, une nuit, il vit en rêve son poisson vivant reconstitué, restauré. Mais quand il essaya, au réveil, de se souvenir de l'image, il ne put y parvenir. La nuit suivante, il revit le poisson. Il s'éveilla, mais ne put retrouver l'image entrevue. La troisième nuit, il plaça sur sa table de nuit un crayon et du papier. Le poisson reparut dans son rêve, un rêve du matin, d'abord d'une manière confuse, puis distinctement. Cette fois Agassiz n'avait plus aucun doute sur les caractères morphologique de l'animal. A moitié endormi, il esquissa à grands traits dans le noir ce qu'il avait vu. Au réveil, il eut la surprise de découvrir sur la feuille de papier la reproduction de ses visions successives. Il se rendit au Jardin des Plantes et, armé de son dessin, il put le comparer avec la partie fossile qu'il possédait déjà sur le bloc d'ardoise. Le poisson préhistorique était reconstitué.

Que s'était-il passé ? Un collègue du monde spirituel, un savant ayant accès au monde des archétypes, où toute chose se conserve, avait projeté l'image du poisson dans le mental d'Agassiz.

Tous les rêves dont je vous ai parlé n'ont rien de symbolique. Les personnes et les objets qui ont été vus existent soit dans ce monde, soit dans l'autre. Si ces rêves demandent une réflexion et une analyse, ils ne présentent aucune difficulté d'interprétation. Étroitement liés au réel, ils ont été confirmés par les évènements. Ce sont des songes au premier degré. Mais voici des rêves au second degré, des rêves correspondanciels, pour employer un langage swedenborgien. J'intitulerai ce rêve:

XVI) LE VOYAGEUR SANS BAGAGE:
Claude, dont le père est mort depuis plusieurs années, l'aperçoit sur un quai de gare. Soudain, son père traverse la voie. Un rapide surgit: il est écrasé. Au lieu d'aller vers son père et de tenter de lui porter secours, Claude n'est en souci que pour les bagages du voyageur imprudent. Il les cherche partout, sur les quais, à la consigne, chez le chef de gare. Il ne trouve rien.

Que signifie cette histoire ? Dans le rêve correspondanciel, il ne faut pas se laisser enfermer par la scène qui se déroule, par les personnages qui apparaissent dans le drame. Il s'agit de transposer. Voici donc l'interprétation qu'il donne.

La veille, Claude avait vu à la télévision un film sur les civilisations disparues: Île de Pâques, Atlantide, Baalbek, et il s'était demandé: comment se fait-il qu'elles n'aient laissé aucune trace. Il décode son rêve ainsi: le père, ce sont les civilisations passées, l'écrasement par le rapide: c'est la fin soudaine, catastrophique, imprévisible de ces grandes civilisations; les bagages que l'on cherche partout et qu'on ne retrouve plus, c'est l'héritage perdu. La réponse à son interrogation lui vient intuitivement: si ces civilisations n'ont laissé aucune trace, c'est que toutes ont eu une fin brutale.

XVII) LE BAS-RELIEF BRISE:
Irène Hermant est sculpteur. Au moment du songe, elle travaille à un bas-relief destiné à une chapelle orthodoxe. Elle est alors en parfaite santé. Elle rêve qu'au moment où elle présente au prêtre son bas-relief, tous deux s'aperçoivent qu'il est brisé, en diagonale. Dans la partie de droite, en bas, il y a de la mousse; comme si la pierre était pourrie.

Examinons les faits: en réalité le bas-relief est intact, ce n'est pas lui qui est en cause, mais six semaines plus tard Irène Hermant doit entrer en clinique et subir une opération dans la région de l'appendice, opération qui sera suivie de complications. C'est sur son corps, en bas et à droite que sera la blessure, dans la partie couverte de mousse. Si le rêve prémonitoire avait été au premier degré, elle se serait vue sur la table d'opération.

XVIII) LES JAMBES ENTRAVÉES, ou la psychanalyse en défaut:
Un riche Américain d'origine irlandaise, Frances O'Brien, se fait psychanalyser régulièrement. Il note ses rêves et deux fois par semaine va les confesser à son spécialiste. Or, d'octobre à décembre 1954, il fait 17 fois le même rêve. Poursuivi par des policiers, il ne peut plus courir. Ses poursuivants le rattrapent, se jettent sur lui et lui attachent les jambes avec une corde serrée au maximum. Il raconte donc les 17 rêves à son psychanalyste qui lui déclare ceci: "Il faut voir là un rêve d'autopunition. Vous vous êtes rendu coupable dans votre petite enfance d'un acte que vous avez oublié et que vous vous reprochez inconsciemment". En réalité, le rêve d'O'Brien ne concernait nullement son passé, cette petite enfance, Eldorado des psychanalystes, mais son devenir proche. En traversant Central Park il fut frappé de paralysie. Paralysie qui n'affecta que les jambes. Si O'Brien, au lieu de consulter un psychanalyste obnubilé par l'autopunition, et les actes coupables des bébés au biberon, s'était adressé à un spiritualiste, le mal aurait pu, être évité. Le corps subtil avait perçu bien avant le corps physique le mal qui menaçait ce dernier et s'efforçait de l'avertir, en multipliant les rêves de jambes entravées.

Souvent les rêves directs ou indirects, au premier ou au second degré, précèdent les messages et les communications. Ainsi, pendant dix ans, de 1736 à 1746, Swedenborg fut guidé par ses rêves. C'est là qu'il puisa sa science des correspondances.

XIX) SAUVER LE PÈRE:
Swedenborg lui aussi rêva d'un accident survenu à son père, l'évêque luthérien Swedberg, à une époque où ce dernier était passé dans le monde spirituel. Swedenborg voit donc Swedberg tomber à l'eau. Comme ce dernier ne sait pas nager, il est bientôt en difficulté. C'est alors que le fils accourt, plonge et sauve le père.

Exégèse du rêve: le père qu'il s'agit de sauver, ce n'est pas Swedberg, c'est la parole de Dieu qui à été obscurcie dans le cœur des hommes. Pour typifier cette parole, nul personnage n'était mieux qualifié que l'évêque suédois.

 

En conclusion, nous distinguerons quatre sortes de rêves:

- ceux qui sont les vacances de notre mental, désordonnés, invraisemblables. Il est très difficile de s'en souvenir. Ils n'ont aucune signification et ce serait perdre son temps que de leur en chercher une.

- ceux qui sont d'origine purement physiologique. Certains cauchemars peuvent être dans cette catégorie.

- ceux qui sont provoqués par des entités mauvaise et laissent une impression d'angoisse. C'est le cauchemar proprement dit.

- ceux qui sont provoqués par des esprits bénéfiques, placés eux-mêmes sous influence divine. Ces rêves-là enseignent des vérités, contiennent des avertissement salutaires et dévoilent l'avenir. Il se déroulent selon une logique interne. Il est très facile de s'en souvenir, car ils nous laissent une impression profonde. Ils enrichissent notre spiritualité. Ils nous laissent au réveil apaisés, confiants, heureux.

Ce sont ces derniers que je vous souhaite.

Commenter cet article

Michel 31/03/2006 17:09

Bonjour !
Ma mère est décédée d'un arrêt cardiaque survenu de façon inattendue et rapide à l'hôpital le 12 février dernier. Elle avait 75 ans. J'habitais encore avec elle et je demeure maintenant seul dans sa maison.
Le 3 mars dernier, j'ai encore fait un rêve assez bref tôt en matinée dans lequel ma mère m'est apparue de façon très claire. Elle me regardait en souriant et avait l'air d'avoir rajeuni de 40 ans puisqu'elle me semblait très jeune ( autour de 30 ans ). J'ai crié : "Maman, maman" ! Mais elle ne m'a rien dit et le rêve s'est ensuite brutalement interrompu.
Hier matin ( le 30 mars ), j'ai de nouveau rêvé à elle et, cette fois,  je l'ai vue dans sa chambre encore toute souriante et me regardant fixement.  J'ai eu le temps de lui prendre tendrement les bras tout en lui disant que j'étais très content de la revoir. Je lui ai demandé où elle était passée depuis un mois et demi. Question bien naïve, bien sûr. Aucune réponse ! Le rêve s'est ensuite, là encore, brutalement interrompu.
Je me demande bien pourquoi ma mère ne me parle pas dans ces rêves et qu'ils se terminent toujours aussi abruptement sans que la communication puisse vraiment s'établir entre elle et moi. Elle m'apparait, me regarde ,mais c'est tout. Pourquoi ce silence de sa part ?  Bien sûr, son décès est très récent. Mais je me pose tout de même des questions et je m'inquiète un peu.  Aurait-elle besoin de mon aide pour monter vers la Lumière ? A-t-elle des problèmes dans cette dimension où elle vit ? Ma soeur et moi avons fait dire plusieurs messes pour son âme depuis son décès. Cherche-t-elle seulement à me faire savoir qu'elle est encore bien vivante et heureuse dans son nouvel état d'être ? 
De toute façon, je remercie humblement la Providence de permettre à ma mère de se manifester à moi. C'est déjà une grâce que j'apprécie beaucoup. J'ai l'intuition que le fait qu'elle s'est déjà fait  voir à deux occasions en si peu de temps signifie peut-être qu'elle veut me faire savoir quelque chose d'important.  Je le saurai sans doute bientôt. Entre-temps, je prie pour elle tout en demandant l'aide de mes guides spirituels pour connaître le vrai sens de ces apparitions.
Qu'en pensez-vous ?
Un gros merci pour votre réponse .
 
Michel
 
 
    
 

Jean Prieur 08/04/2006 19:46

Cher Michel.
Dans vos questions, vous incluez par vous-même les réponses.
Effectivement, en apparaissant ainsi, votre mère atteste de sa présence dans l'Au-delà. Si elle ne parle pas, c'est peut-être tout simplement qu'elle ne sait pas encore se servir  totalement de son corps spirituel. De toutes façons, elle n'a pas besoin de parler, ses apparitions dans vos rêves signifient:  "je suis là, je veille sur toi". Comme elle apparaît souriante et au mieux de sa forme physique terrestre, vous ne devriez pas vous inquiéter pour elle. Soyez certain que le contact est établi mais n'espérez pas non plus recevoir toujours  des messages de sa part. Quand elle atteindra des sphères plus élevées, elle ne viendra peut-être plus vous "voir".
Réjouissez-vous de ces messages, même si ils ne sont pas "parlés" car beaucoup n'ont pas la chance que vous avez (Léon Denis, médium, successeur d'Allan Kardec, a attendu 20 ans pour avoir des contacts avec son père).

Matiafis 22/03/2006 17:42

Bonjour,Je fais moi aussi des rêves prémonitoires, le matin.Mais disons que pour moi ils sont plus cripté, avec le temps j'ai réussi a savoir ce qu'ils voulait dire parce que cela revient à chaque fois.Ces rêves me concernent, je ne fais de rêves prémonitoires sur personne d'autre.

Jean Prieur 25/03/2006 19:38

Les messagers de l'Au-delà vous guident manifestement ainsi.
C'est une chance à ne pas perdre et à entretenir.
Veillez à garder une extrême humilité envers ce moyen de contact priviègié et surtout : prudence et sérieux dans l'interprétation de vos rêves!
Il serait, en effet, dommage de vous détourner de votre propre progression spirituelle par quelques erreurs de compréhension et d'analyse par votre faute ou par le fait d'être manipulé par des entités négatives du bas astral. Il est effectivement très important (et malheureusement très difficile) de savoir d'où viennent ces messages. Attention au mauvaises influences que peuvent véhiculer les rêves. 

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents