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Jean Prieur (1914-2016)

Jean Prieur (1914-2016)

Jean Prieur a étudié les doctrines ésotériques et les phénomènes paranormaux à la fois en tant qu'historien et philosophe.


Missions diverses dans l'Au-delà:

Publié par Jean Prieur sur 5 Juin 2005, 11:01am

Catégories : #Conférences

LE PUR RUISSELLEMENT DE LA VIE INFINIE
par Jean Prieur


L'autre vie est une vie active et non pas une vie de contemplation immobile comme on l'imagine trop souvent. La vie éternelle n'est pas une oisiveté, un repos éternel, ce qui serait synonyme d'ennui insurmontable, une variété de l'enfer.
La vie spirituelle englobe toutes les manifestations de l'énergie humaine, sauf évidemment celles qui concernent la matière. Les disparus qui communiquent avec nous, et que j'appelle messagers, parlent tous des missions qu'ils doivent accomplir et dont ils s'acquittent avec joie. Le travail de l'autre côté n'a rien d'écrasant, de fastidieux, comme cela arrive parfois ici-bas.
Voici quelques exemples de ces missions dont se chargent volontiers ceux qui sont passés de l'autre côté du voile. Avant toute chose, l'assistance aux mourants : que de fois ceux qui vont partir ont vu autour d'eux des membres de leur famille ou des amis venus les rassurer, les préparer et leur annoncer l'événement inéluctable. On sait qu'il ne s'agit pas de projections, d'imaginations, car il est arrivé que l'agonisant voie auprès de lui telle personne dont on lui avait caché le décès.
Quand l'irréparable est accompli, quand le grand voyage est commencé, les esprits qui étaient venus chercher le mourant continuent à l'accompagner, à le soutenir, car il est désorienté dans les premiers temps de sa nouvelle vie. Il est particulièrement perturbé s'il ne s'est jamais préoccupé de ces questions pendant son séjour terrestre. D'où la nécessité de se documenter sur ces questions pendant qu'il est encore temps.

Le jeune Roland de Jouvenel avait dicté à sa mère :
"Nos vibrations s'enroberont l'une dans l'autre, puis peu à peu nous reformerons une symbiose." Lui-même, dans ses derniers instants, avait reçu la visite de sa grand-mère maternelle décédée quelques années auparavant. Il s'était écrié, étonné, heureux : "Je vois ma grand-mère ! Elle est là. Nous sommes tous les trois ! Maman, regarde-la !" Mais Mme de Jouvenel, qui avait encore vingt-cinq ans à vivre, ne voyait rien. Si elle avait pu voir sa mère, c'est qu'elle aurait été près de la rejoindre. Quant à Roland, il se laissa retomber en arrière sur son lit et murmura plein de bonheur : "C'est merveilleux, ma grand-mère est vivante."

Toutes les traditions affirment qu'au moment suprême les yeux spirituels s'ouvrent, celui qui s'en va peut percevoir les esprits, quelquefois même les événements futurs ou les événements contemporains qui se déroulent à distance. C'est ainsi que, le 4 mai 1897, une vieille paysanne en train d'agoniser à Vouzièrs (Ardennes françaises) a vu l'incendie du Bazar de la Charité au moment même où il se produisait. Soudain, elle sortit de son coma pour décrire avec exactitude les tragiques péripéties et son entourage s'imagina qu'elle faisait un cauchemar : "Voilà le feu qui éclate !", criait-elle épouvantée. "Les pauvres femmes ! Elles se bousculent vers la porte. Pas par là ! Il n'y a pas de porte par là." En effet, il n'y avait pas d'issue. Rien qu'un mur contre lequel les malheureuses venaient s'écraser.

La plupart du temps, les esprits choisissent des missions en harmonie avec ce qu'ils faisaient pendant leur vie terrestre. Par exemple, Padre Pio, décédé en 1968, continue à faire des miracles ; un musicien de l'autre monde viendra inspirer un musicien de celui-ci ; une infirmière voudra accueillir les nouveaux arrivants perturbés par une agonie douloureuse et prodiguer ses soins à leur corps spirituel ; une mère sera heureuse de prendre en charge les très jeunes enfants qui se demandent ce qui leur arrive. A la vérité, il y a aussi des adultes qui se posent la question et il faut les prendre en charge.
Le docteur Lang, ophtalmologue britannique décédé en 1937, sollicita de Dieu et obtint la permission de reprendre du service et de soigner par l'intermédiaire d'un incarné, George Chapman qui n'avait fait aucune étude de médecine.
Pendant la guerre 1939-45, un jeune Anglais, Christopher, qui avait péri au cours d'un naufrage, demanda ce qu'il pouvait faire désormais. On lui répondit : "Comme tu as eu peur de la mort violente, il faut que tu assistes les soldats sur le champ de bataille. Il fut donc envoyé en Sicile pour aider au dégagement des combattants alliés et aussi allemands. Là-bas, les nationalités et le nationalisme ne jouent plus aucun rôle.

Les disparus peuvent exercer auprès de nous des missions de protection. En général, ils nous avertissent en songe. Ainsi cette jeune femme qui rêve d'incendie et qui est brusquement tirée de son sommeil. Elle est contrainte d'aller vers la cheminée du salon, elle constate que le feu s'était rallumé et qu'il projetait des étincelles et des escarbilles sur le berceau où dormait son enfant. Déjà le couvre-pied commençait à fumer.

Cependant, "ils" peuvent nous avertir, alors que nous sommes en pleine lucidité, j'appelle cela des monitions. J'ai raconté dans "La Prémonition et notre destin" (aux éditions Laffont et J'ai Lu) l'histoire du motocycliste fantôme qui se matérialise le temps de faire signe à un ami de s'arrêter. Ce dernier, qui roulait à tombeau ouvert, obéit, il descend de voiture et constate que la route est barrée, que derrière la chicane il y a une excavation énorme et que la signalisation lumineuse ne fonctionne plus.
Et aussi l'histoire de ce petit garçon, décédé à l'âge de quatre ans, apparaissant à son père qui roule de nuit à vélo. Il pose sa main (spirituelle) sur la main de son père et l'oblige à freiner avant d'aborder un carrefour. Au même moment surgit un camion qui, sans cette manifestation, l'aurait pulvérisé.
Les interventions de nos amis de l'Au-delà peuvent prendre des formes énergiques, quand il y a péril en la demeure. En ce moment, je pense à Mme Laval. A l'époque, la jeune femme était désespérée et ne voyait d'autre issue que le suicide. Elle avait donc sur sa table une fiole de poison. Au moment où elle la saisissait, le miracle se produisit, une main invisible s'empara avec force de son bras et lui arracha le flacon. Elle était sauvée par le monde spirituel qui avait besoin de ses talents de médium : c'est elle qui, pendant des années, reçut les messages de l'esprit nommé Symbole.
Les interventions de l'Au-delà sont en général moins spectaculaires, elles se produisent sous forme d'inspiration. Un écrivain en contact mental avec les mondes supérieurs peut en décrire les êtres et les paysages comme s'il avait fait un tour de l'autre côté. Il est alors dirigé et conseillé par des esprits qu'il ne connaît pas toujours et qui sont en syntonie, en harmonie avec sa recherche.
De même, un peintre spiritualiste du monde parallèle peut s'exprimer par un peintre de notre monde. Le cas d'Augustin Lesage est particulièrement intéressant, parce qu'au départ il n'avait aucun don, aucune formation artistique. C'était un mineur. Un jour qu'il travaillait au fond de sa galerie (c'était avant la guerre), il entendit une voix qui lui ordonnait de peindre. Comme il n'y avait personne autour de lui, il crut devenir fou. Comme l'ordre se répétait de jour en jour, Augustin Lesage finit par acquérir du matériel de peinture. Et il se lança... à sa grande surprise, ses pinceaux traçaient toujours des ornements, des symboles égyptiens tout à fait semblables à ceux que l'on trouve dans les pyramides. Les entités qui l'inspiraient avaient délibérément choisi un homme très simple sans aucune formation picturale ou culturelle, mais d'une honnêteté parfaite pour bien montrer cette influence bénéfique du monde spirituel sur notre monde.
Lesage, décédé en 1954, fit de son vivant plusieurs expositions et demeure aujourd'hui un peintre estimé et reconnu. Certaines de ses toiles sont à la salle Psyché (à Paris, 1er arrondissement).

Je me demande si Lesage ne fut pas inspiré par l'esprit de Champollion, le génial inventeur des hiéroglyphes. Quant à Champollion lui-même, né voici exactement deux cents ans, son extraordinaire précocité laisse à penser que des esprits d'une haute érudition gravitaient autour de lui et lui infusaient leurs connaissances. Au lycée de Grenoble, il passa tout d'abord pour un élève paresseux, médiocre, ne s'intéressant à rien. Sa grande préoccupation consistait à composer des chansons où il se payait la tête de son proviseur. Puis, brusquement, il changea du tout au tout : à treize ans, le voilà qui se met à étudier de façon approfondie l'hébreu, le chaldéen, le syriaque, l'éthiopien, l'arabe et le copte. Un jour, apercevant des hiéroglyphes sur un papyrus, il déclare, sûr de ce qu'il avance : "Moi, je les lirai quand je serai grand."

Il n'a que dix-sept ans quand il présente à la Société des Sciences et des Arts de Grenoble un travail stupéfiant sur la géographie de l'ancienne Égypte. Dix-neuf ans quand il est nommé professeur d'histoire à la Faculté des Lettres de cette ville. Le proviseur et ses anciens professeurs n'en reviennent pas. C'est alors qu'il publie "L'Égypte sous les pharaons", deux volumes où il décrit ce pays comme s'il y était allé. Comme il l'avait annoncé, il déchiffre les hiéroglyphes... et cela grâce à la pierre de Rosette (en arabe, Rachid), découverte par les Français de Bonaparte. Mais ce n'est qu'en 1828 que le fondateur de l'égyptologie découvre enfin cette Égypte dont il savait tout sans l'avoir visitée. Réincarnation (Champollion avait un type nettement oriental) ou conjonction avec un esprit ayant vécu sur les bords du Nil ?
Un autre exemple de précocité extraordinaire dirigée par des entités spirituelles : Arthur Rimbaud qui, à dix-sept ans, écrivait : Je dis qu'il faut être voyant, qu'il faut se faire voyant. Le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens pour parvenir à l'inconnu. La vraie vie est ailleurs."
Quand il parle de dérèglement, il veut simplement dégager nos sens des règles de l'habitude pour retrouver "le pur ruissellement de la vie infinie."
En contact, conscient ou non, avec les êtres de la vraie vie, de la vie infinie, le jeune homme écrit poèmes sur poèmes, et ses vers semblent bien venir d'Ailleurs, de l'Inconnu. A dix-neuf ans, son œuvre (et quelle œuvre !) est terminée... comme si les entités supérieures qui l'inspiraient s'étaient, pour des raisons mystérieuses, définitivement retirées. A partir de 1874, commence une longue errance à travers le monde : Angleterre, Allemagne, Italie, Java, Autriche, Suède, Danemark, Chypre, Éthiopie, où il se fait explorateur et trafiquant d'armes. C'est à l'hôpital de Marseille, le 10 novembre 1891, qu'il quitta ce monde où il ne s'était jamais senti à l'aise. Enfin, il retrouvait le "pur ruissellement de la vie infinie", cette autre vie inséparable de la nôtre, cette autre vie à laquelle nous participons déjà.

 

 

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